Cohabitation à Bamako : un véritable calvaire

Par faute de moyens, nombreux sont les Bamakois qui vivent, généralement dans les quartiers populaires, en cohabitation avec d’autres locataires avec qui, ils partagent en commun la cour, les toilettes, l’eau, l’électricité, etc. Un véritable calvaire pour beaucoup de ménages : disputes, intransigeances de certains locataires, la tyrannie du propriétaire, paiement des factures d’eau, d’électricité, vidange des toilettes, etc.

Avoir un chez soi à Bamako est loin d’être à la portée de tous. En effet, la vie en cohabitation est l’un des soucis majeurs de la grande majorité des populations dans la capitale. Nombreuses sont les familles qui vivent le calvaire dans les lieux de location où le plus souvent l’environnement est insupportable.

C’est surtout dans les quartiers périphériques ou populaires de Bamako, où vivent les grandes familles, qu’on rencontre les problèmes de tout  genre, le plus souvent entre propriétaire et locataires ou entre colocataires eux-mêmes, particulièrement entre les femmes.

Selon quelques témoignages que nous avions pu recueillir, il ressort que la liste des difficultés est loin d’être exhaustive dans ces concessions où les occupants n’ont pas les mêmes modes de vie, de cultures, ou même de religion.

Au moment où, certains dorment tranquillement après des longues heures de travail, d’autres prennent leur thé et écoutent de la musique. Il n’est pas rare de voir des femmes jouées des scènes de jalousie ou de séduction qui peuvent en venir aux mains. Sans oublier les longues files d’attente au niveau des toilettes à certaines heures de la journée et surtout le mauvais regard du propriétaire de la maison, quand le locataire accuse un retard dans le paiement de la location.

«Quand je me suis marié, je vivais dans une cour commune avec  quatre autres ménages à Lafiabougou. C’était l’enfer sur terre avec deux des familles. Tous les matins, on assiste à des scènes de provocations : les deux femmes balayaient leurs chambres et déversent les ordures devant la mienne. Quand je me suis plaint à leurs maris, ce sont des coups-poings que j’ai reçu le lendemain de leur part comme excuse », raconte Bassan Traoré.

L’insalubrité, la jalousie, la méchanceté sont également monnaie courante dans ces concessions.

«Nous partageons tous les deux toilettes de la cour, et c’est de là que proviennent la plus part des disputes. Certains co-locataires utilisent très mal les toilettes. Si une femme porte de nouveaux habits, ou cuisine de bons plats, elle se vante en faisant savoir aux autres femmes que son foyer vit mieux», raconte Assétou Diarra.

                                                                       Assitan Siga Fadiga

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