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Esclavage dans la Région de Kayes : plus de 1000 déplacés à Mambri

Au Mali, ce n’est plus l’insécurité qui fait fuir les populations. Mais plutôt l’esclavage par ascendance et pratiques assimilées, abolis depuis des siècles et même prohibés par la Constitution du 25 février 1992 en vigueur. En réalité, force est de constater que l’esclavage est une pratique toujours d’actualité dans plusieurs localités du Mali du Nord et du centre, ainsi que dans la région de Kayes, où la pratique a fait plus de 1000 déplacés à Mambri, dans le cercle de Kita, région de Kayes.

Si dans les régions du Centre et Nord du Mali, les populations sont en quête permanente de la sécurité. Dans la région de Kayes, notamment dans les localités de Dindanko, Djougoun, Guémoucouraba dans le cercle de Kita, elles sont plus d’un millier de personnes à vivre sous le joug de l’esclavage par ascendance. Une vieille pratique, inhumaine et liberticide, qui expose l’absence de l’Etat dans un pays dit démocratique.

Dans une réaction, la Commission nationale de Droit de l’Homme (CNDH) a alerté sur un déplacement de masses dans les localités suscitées. Selon la CNDH, environ 1153 personnes victimes de l’esclavage par ascendance, dans le cercle de Kita, ont quitté leurs localités.

«La Commission nationale des droits de l’homme (CNDH) a effectué, du 6 au 7 juillet 2019, une mission d’investigation à Mambri, une commune du cercle de Kita, dans la région de Kayes. Suite aux alertes relatives à l’arrivée dans ce village de mille cinquante-trois (1153) personnes déplacées internes, dont 534 hommes, 619 femmes et 720 enfants, selon les témoignages reçus, toutes victimes de l’esclavage par ascendance dans les communes de Dindanko, Djougoun, Guémoucouraba du même cercle», rapporte la Commission dans sa note. Et de reconnaitre que toutes ces victimes ont fait l’objet des violations graves des droits de l’homme.

« De plus, des allégations récurrentes et persistantes font état d’esclavage dans d’autres localités dans les cercles de Diema, Yelimane, Nioro du Sahel, etc., où des personnes seraient privées de leurs droits élémentaires de cultiver leurs champs et/ou de réhabiliter leurs maisons, en pleine période hivernale», précise la CNDH.

Comme l’on peut le constater, les maux dont souffrent les Maliens à ce jour sont divers et complexes. En plus des questions sécuritaires liées à la recrudescence des attaques terroristes et autres violences communautaires, d’autres citoyens maliens à part entière, conformément à la Constitution du Mali qui prône l’égalité de tous devant la loi, sont, en ce 21è siècle, traités de « sous-hommes », car considérés comme des esclaves et par conséquent subissent toutes les conséquences qui en découlent de cette pratique.

Nous ne cesserons jamais d’interpeller les hautes autorités maliennes sur la pratique de l’esclavage par ascendance, surtout en milieu soninké, une bombe sociale à désamorcer avant qu’il ne soit trop tard.

Paul Y. N’GUESSAN

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