Incendies dans les marchés : Causes et conséquences?

Court-circuit, accident, défaut de sécurité ou incendie criminel ? Plusieurs hypothèses circulent concernant les incendies qui ravagent souvent les marchés au Mali.

Un incendie emportant en fumée tout un marché dans notre pays est devenu monnaie courante, avec son corolaire de victimes et de dégâts.

Le week-end dernier, dans la région de Kayes, il y a eu deux incendies de marchés à savoir : ceux de la ville de Kayes et de Kéniéba.

« Il y a plusieurs raisons hein. Quand on parle de la vétusté de certaines infrastructures, ça peut expliquer qu’il y ait des branchements anarchiques. Et la plupart du temps, on nous parle de court-circuit dans ces différents marchés. Donc en clair, c’est l’absence d’infrastructures modernes répondant aux normes de sécurité. On dit aussi qu’il y a des raisons d’ordre criminel mais ça, c’est difficile à prouver, » explique Mme Katilé Adjaratou Sène, 2ème adjointe au maire de la Commune V.

Des incendies parfois volontaires

Outre les cas d’incendie liés aux installations anarchiques ou aux infrastructures obsolètes, Adama Diarrassouba, sociologue malien, soutient qu’il y a des incendies volontaires qui parfois sont commandités par des acteurs politiques, pour des raisons qui leur sont propres :

« Ces manquements graves causent des pertes en milliards et parfois en vies humaines. Généralement, c’est l’esprit d’anarchie. Mais, il y a une deuxième raison. C’est qu’il y a aussi l’esprit de vandalisme. Il y a certain court-circuit ou certains incendies qui sont volontaires. Qui sont des actes criminels et sont liés à ceux qui veulent tirer les ficelles. Certains responsables qui veulent gagner un autre marché ou indiquer un autre. Et souvent, ce sont des gens bien placés, des intouchables proches du pouvoir ou qui ont des relations qui commettent ces crimes. » 

Difficile pour un commerçant de se relever après un incendie. Pour éviter ces calamités, Moussa Cissé, opérateur économique, propose, en plus de la construction de marchés modernes et bien équipés pour parer à toute éventualité, la sensibilisation des commerçants à souscrire à une police d’assurance.

En tout cas, la fréquence des incendies de marchés dans les villes maliennes met à nu des dysfonctionnements dans l’appareil administratif. Mais, certains pointent aussi l’incivisme des occupants desdits marchés.

 Paul Y. N’GUESSAN

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