Transport urbain : une modernisation du secteur s’impose !

Transport urbain : une modernisation du secteur s’impose !

La mobilité urbaine à Bamako est exaspérée par les vieux véhicules qui envahissent massivement la capitale malienne. Certes, ces véhicules sont moins coûteux, toutefois, ils ne sont pas sans conséquences sur notre environnement. En effet, au-delà de la pollution, Ils influencent négativement sur la circulation routière, et dégradent l’état des routes. En un mot, ces vieilles bagnoles, communément appelées « France au-revoir » ternissent l’image du pays. Il est temps que la circulation dans le District de Bamako évolue vers un  transport sécurisé, confortable, et respectueux de l’environnement.

Au Mali, il est très rare qu’un véhicule soit retiré de la circulation pour quelle que raison que ce soit. Les usagers semblent ne pas avoir cette culture. Selon Salif Koné, chef de Division à la Direction nationale des Transports terrestres, maritimes et fluviaux (DNTTMF), sur le plan règlementation, c’est seulement la visite technique qui atteste qu’un véhicule est apte ou pas sur la voie. Aussi, a-t-il précisé, la fréquence de la visite technique des véhicules commerciaux est de 6 mois, contre un an chez les particuliers.

« La visite technique est le seul rempart pour déclarer un véhicule apte ou inapte. Toutefois, il y a des usagers qui, avec un esprit malicieux, se présentent en empruntant les organes neufs d’autres véhicules pour passer au contrôle. Nous avons des véhicules de 30 ans qui sont dans la circulation. Les véhicules commerciaux ont déjà entre 10 et 15 ans à la réception. Après ces années d’importation, ils continuent de circuler. Mais l’on se demande comment ils arrivent à franchir la visite technique », beaucoup usagers de la route.

Pour Amadou Dao, chef de Centre de Bamako : « le contrôle technique ne fait qu’un constat et valide si les points sont satisfaits. Il se désengage de tout suivi après le contrôle. Ce sont les services techniques comme la police et la gendarmerie, qui sont chargés de suivre l’évolution du véhicule après le MTS. Nous ne gérons pas le post-contrôle technique », a-t-il fait savoir.

On se rappelle que plusieurs initiatives privées (Bama-bus, Taba-bus, Bani-transports, etc.) portant sur le renouvèlement du parc automobile au Mali ont vu, dans un passé relativement récent. Mais, toutes ces initiatives ont échoué, laissant le champ du transport collectif aux Sotrama, taxis et autres tricycles.

Au sujet du renouvellement du parc automobile, M. Koné a rappelé que la DNTTMF a entrepris plusieurs actions, notamment l’arrêté portant l’exonération des droits de douane sur certaines catégories de véhicules commerciaux. Cette décision a eu pour effet l’importation massive d’un certain nombre de véhicules.

«Ces mesures d’allègement fiscal avaient pour but d’inciter les transporteurs à importer des véhicules neufs pour renouveler le vétuste parc automobile de notre pays», a-t-il expliqué.

Aujourd’hui, un nouveau système de transport urbain pour faciliter le déplacement non seulement en ville mais aussi à l’intérieur du pays s’impose. Il est possible de réguler le secteur en définissant un nombre limité de véhicules par ligne en fonction de la demande, comme c’est le cas dans certains pays de la sous-région. Ces voitures d’occasion qui arrivent dans nos pays sont déjà amorties. Mais elles  retrouvent une seconde vie, notamment dans les pays africains à faible revenus. Pire, la plupart de ces véhicules ne font pas la visite technique, ou avec la complicité de certains agents véreux parviennent à passer entre les mailles du système. Ce qui augmente les risques d’accidents et facteurs d’insécurité routière.

Les Sotrama, par exemple, sont les principaux moyens de transports dans la capitale malienne. Malgré leur  accessibilité financière, ces moyens de déplacement vieillissant ne semblent plus répondre aux attentes des usagers. En effet, ils sont non seulement inconfortables pour les usagers, mais représentent un dangereux permanent dans la circulation routière.

En tout cas, les plus hautes autorités doivent songer à l’élaboration d’une vraie politique nationale de  transport prenant en compte la sécurité, le confort des usagers ainsi que la qualité technique des véhicules devant assurer la mobilité urbaine.

Andiè Adama DARA

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