Université de Ségou : sept ans après, quel avenir ?

Université de Ségou : sept ans après, quel avenir ?

L’Université de Ségou a officiellement ouvert ses portes en 2012 avec un effectif  d’un peu plus de 400 étudiants inscrits et un seul amphithéâtre de 500 places. Elle abrite de nos jours environ 3 000 étudiants et offre 15 licences professionnelles. Un important flux estudiantin à maitriser et harmoniser, avec la qualité de l’enseignement et la disponibilité du corps professoral qualifié au sein de l’Université malienne. Car le plus souvent, la pléthore des étudiants dans nos universités et grandes écoles, emporte sur la qualité de la formation des enseignants disponibles qui ne sont pas le plus souvent au rendez vous.

Pour sa première rentrée académique, en 2012, le constat était triste à l’Université de Ségou. Pour preuve : elle formait dans des conditions difficiles, car de manque d’amphithéâtres et de disponibilité d’enseignants. Un triste souvenir, dont le défi reste à relever, reconnaissent bon nombre d’étudiants de cette université.

« A notre époque, on avait l’habitude de faire une semaine avec un seul professeur qui devait dispenser 5 matières», raconte Karim Koné, ancien de la première promotion de l’université, détenteur d’une licence professionnelle en Agroéconomie à l’université de Ségou.

« Maintenant, les choses commencent à s’améliorer sur ce plan. Car pour adapter la qualité à la formation dispensée à l’université, le Rectorat avait introduit en 2017, le système de Contractualisation au niveau des vacataires qui a enregistré, l’année dernière, le recrutement de 21 nouveaux enseignants chercheurs contre une dizaine au cours des années précédentes. Toute chose qui, aujourd’hui, commence à apporter ses fruits, à savoir répondre au souci de formation de qualité par un corps professoral pointu et disponible. Et l’université compte rester dans cette lancée», a-t-il témoigné.

Selon le Recteur de l’université de Ségou, le Pr Souleymane Kanté : « plusieurs agents du rectorat et des structures sont en formation de courte durée au Mali et à l’étranger ».

Une garantie de formation qui vise à améliorer la productivité de l’université, qui doit s’accompagner par l’achèvement de beaucoup d’autres chantiers pour préparer surtout les étudiants aux études post universitaires, ainsi que la lancinante équation de l’employabilité des étudiants.

« Les premiers produits de l’université étaient uniquement des sortants de Licence professionnelle en Agronomie, Hydraulique agricole, Santé et Production animale. Cette sortie a été comme un non évènement. Beaucoup  d’étudiants ont été déçus, car aucune fête, évènement digne de ce nom n’a été organisé par les responsables pour informer l’opinion nationale et internationale sur la sortie de la 1ere promotion. Pire, seulement quelques étudiants notamment ceux de la filière Hydraulique agricole ont eu la chance de poursuivre le master à l’ENI de Bamako», regrette Maïmouna Dembélé, détentrice d’une licence en Médecine animale à l’Université de Ségou.

Dans ces conditions, beaucoup s’inquiètent des opportunités d’insertion professionnelle des sortants de l’université : «seulement quelques uns ont pu rejoindre les Organisations non gouvernementales (ONG) et beaucoup trainent toujours. Bref, l’université ne s’est pas impliquée dans l’intégration de ses produits sur le marché de l’emploi», déplore Maïmouna Dembélé.

Une alerte assez fortement partagée au sein de l’université : « Depuis 2015, nous n’avons pas eu la chance de faire un concours d’entrée à la Fonction publique. Car jamais sollicités. C’est seulement le récent concours de la Fonction publique des Collectivités qui nous a permis de nous présenter à un examen de recrutement, avec seulement, un quota de 3 places dans la filière licence Agroéconomie», a-t-elle fait savoir Karim Koné, un autre de la première promotion de l’Université, détenteur d’une licence professionnelle en Agroéconomie à l’université de Ségou.

En tout état de cause, les responsables de l’Université de Ségou (la 1ere dans une région du Mali) nourrissent d’importantes ambitions, et s’engagent à la «donner une dimension sous régionale et une réputation d’excellence.

En tout cas, à l’université de Ségou, les des défis à relever et des capes à franchir pour être au panthéon du savoir sont certes énormes. Mais force est de reconnaitre la valeur ajoutée de cette université dans la quatrième région administrative du Mali. Une région à vocation Agro-pastorale. Un tremplin pour le Rectorat de l’université, qui devra répondre au besoin de la transformation économique et agricole de la Région, la création des secteurs de production et d’emplois des jeunes.

Ousmane Tangara

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