Us et coutumes : la valeur de la virginité au Mali

La virginité est l’état d’une personne n’ayant jamais eu de relations sexuelles. Au Mali, la virginité est perçue comme un trésor naturel que la femme doit protéger, jusqu’à son mariage.

Dans certains milieux, en guise de récompense, la femme qui a su garder sa virginité, reçoit divers cadeaux de la part de ses parents et ceux de sa nouvelle belle-famille.

Encore, dans la société malienne, chez certaines ethnies, la virginité symbolise la bonne éducation, l’honneur, la propreté corporelle et morale de la jeune fille.

Par contre, la jeune fille qui perd sa virginité, avant son mariage, est un déshonneur qu’elle portera durant toute sa vie et qu’elle fera subir à toute sa famille, rappelle Salimata Kéita une conseillère conjugale, appelée (Magnabaga).

« C’est une menace très importante dans la vie de la jeune fille. Autrefois, quand une fille perd sa virginité, elle devient une honte pour son mari, sa belle-famille, sa propre famille, et pour le reste de la société. Elle devient  la risée de toute la société, durant toute son existence, parce que tous ses futurs actes seront jugés par rapport à son statut de fille légère», explique t- elle.

Aussi, raconte-t-elle, dans la société traditionnelle, l’on procédait à une cérémonie, appelé en Bambara, « demba foli » (la cérémonie de la marraine) organisée le lendemain du mariage, à laquelle participent les membres des deux familles, pour savoir si la jeune fille a été trouvée vierge. Alors on fête et des cadeaux lui sont offerts, pour avoir su se montrer digne de confiance et honorer tous ses parents, a fait savoir la Magnabaga.

La pureté corporelle, physique, et morale d’une personne sa sincérité, son courage d’avoir pu garder jusqu’à son mariage, démontrent que l’on peut porter une confiance totale sur cette personne, conclut la conseillère conjugale.

Rappelons qu’au Mali, la virginité n’est plus ce qu’elle était. Aujourd’hui, nombreuses sont ses jeunes femmes et filles qui sont dans cette situation, et vivent dans la douleur, la tristesse, la honte, la peur, car ayant perdu leur virginité. Heureusement, la sanction sociale n’est plus de rigueur. Au fait, de nos jours, avec les progrès scientifiques et l’abandon de certaines coutumes, de plus en plus, on simule la virginité chez bon nombre de filles et même à des femmes, mères de plusieurs enfants. C’est comme le vendeur et l’acheteur de la marmite à vapeur (gnin tin en bambara), où chacun sait qu’il y a des trous.

Fatoumata KOITA

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