Hommes et djinns : difficile cohabitation

Qui n’a jamais vu, entendu parler, ou assisté à des évènements surnaturels dans son entourage ? Ou encore entendre cette phrase  « X est possédé par un djinn ? »

Djinn ou démon signifie cacher, couvrir, envelopper. Plusieurs mots sont consacrés à cette expression signifiant l’idée de ce qui est cachée (d’invisible ou qui ne peut être vu par les non initiés. En effet, les djinns sont considérés comme des créatures maléfiques qui attaquent les hommes ou les femmes et provoquent des maladies graves difficiles à guérir.

Si l’homme est créé d’argile, on rapporte que les djinns viennent du feu. D’autres sources rapportent que les djinns seraient les premiers habitants de la terre, mais qu’ils auraient désobéi Dieu qui aurait envoyé des Anges pour les combattre. Vaincus, les djinns auraient s’enfui pour s’exiler dans la mer, commentent certaines sources. Par contre soutiennent d’autres personnes, les djinns vivent avec les humains sur la terre. C’est cette croyance qui prédomine.

Leurs besoins des djinns sont semblables à ceux des hommes, tantôt la littérature dit qu’ils mâchent et avalent, tantôt qu’ils se nourrissent uniquement des odeurs de ces aliments.

Des sources vont jusqu’à faire savoir que les djinns font des rapports sexuels avec leurs semblables et également avec les humains. Ils enfantent, mais beaucoup plus que les hommes, car chaque fois qu’un enfant naît chez les humains, neuf ou dix naissent chez les djinns.

Les observations qu’on fait chez les personnes possédées :

Un possédé est une personne qui, après avoir mené une vie normale, commence à se comporter d’une façon « bizarre», comme refuser de parler ou présente d’autres signes anormaux.

Ainsi, on peut désigner comme possédée, toute personne dont la situation sociale présente aussi une anomalie comme, par exemple les hommes qui ne se marient jamais ou qui font plusieurs fiançailles n’aboutissant pas. On dit alors qu’ils sont mariés avec leur Djinn et que c’est elle qui conduit à l’échec  de toute tentative de mariage.

Chez la femme possédée, les signes caractéristiques sont : l’énervement sans raison apparente, des cris répétitifs sans explication.

Les cas de possession les plus typiques sont ceux où celles qui se comportent normalement, mais qui, de temps en temps, perdent conscience, entrent en crise. Parfois, ces personnes parlent pendant ces  crises avec des incantations (comme une voyante, elles racontent le présent, le passé, et l’avenir des assistants).

Témoignages de quelques  personnes atteintes :

On a l’habitude d’entendre dire que toutes les belles filles de Bamako sont possédées par des djinns avec les noms suivants : Tamba, Souleymane, Djaba, Boré Djan, Gafouré Awa, Djitigui, Maimouna, etc.

Nombreux sont ces maîtresses de djinns, la plupart des femmes appelées «djinétigui», sont sollicitées à Bamako pour le traitement des personnes (femmes) atteintes ou suivies par les djinns qui s’exhibent lors des manifestations ou cérémonies des djinns «djinéfoli» qui consistent à chanter et danser pour les djinns.

Penda, une jeune fille très belle, avait du mal à avoir un mari. Elle témoigne être possédée par Tamba : «Je ne croyais pas aux surnaturels. Mais, je suis arrivée à un moment dans ma vie où je mets en cause ce qu’on dit sur les djinns. Mes relations amoureuses commencent bien et au bout de quelques jours, un mois au maximum, elles se terminent de manières inexplicables. Avant, je me disais que le meilleur est à venir. Je suis partie voir un «djinétiguis » qui après traitement de deux semaines seulement, j’ai eu un mari».

Ce n’est pas le cas de Korotoumou, qui a divorcé deux fois. Elle affirme être affilée de Souleymane, un djinn.

« Quand une fille est possédée par Souleymane, c’est avoir une vie compliquée. Il est très possessif et agressif. J’étais violente avec mes maris, et il m’arrive dès fois de les menacer de mort. Présentement, je suis dans le célibat, parce que les hommes ont peur de moi», a-t-elle confessé.

«Je suis originaire du Nord du Mali. Là-bas, les djinns sont très présents dans la vie des humains. Toute ma famille, y compris moi-même, est possédée par les djinns. Mais pour ma tante, c’est chronique. Lors de ses crises, elle devienne méconnaissable, très violente : elle frappe sa tête sur tout ce qu’elle voit. Pour la calmer, on met une bague argentée dans sa bouche. Son mari a fini par la divorcer», rapporte Alphadi Mahamane.

Ce qu’il convient de faire et de ne pas faire :

 La société recommande des mesures strictes afin de respecter une cohabitation harmonieuse avec les djinns et d’éviter ainsi les maladies et les malheurs :

Quand on s’installe dans une nouvelle maison, il est recommandé de sacrifier un animal à l’entrée.

De même, conseille-t-on, d’évoquer toujours les noms de Dieu et de son Prophète, chaque fois que l’on entre aux toilettes, ou dans les cimetières, qui sont constamment hantés.

Par ailleurs, il est déconseillé, voire interdit de verser de l’eau bouillante par terre, afin de ne pas brûler les djinns qui y séjournent ; dormir ou s’asseoir au seuil de la maison et à l’entrée des chambres, qui sont leur propriété.

Mais, nombreux sont ceux qui ne croient à ses superstitions qui considèrent comme des histoires.

                                                                                                  Fadimata KONTAO

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