Mouvement Hip-Hop au Mali : menace ou opportunité pour la nouvelle génération ?

Le rap au Mali a connu ses années phares dans les années 90, notamment, avec le jeune groupe de rappeur dénommé Tata Pound, qui a fait ses premiers pas dans le quartier de Badalabougou. Avec la sortie de leur 1er album intitulé : « rien ne va plus » en 2002. Ce 1er album, de ce groupe a fait vibrer toute la génération de l’époque par la dénonciation des dérives de notre société ainsi que de la mal gouvernance. Des titres comme : « président Tjikan » « ou encore Monsieur le maire », ont eu un écho favorable auprès de leurs fans. 30 ans après, avec l’éclosion de nouveaux talents jeunes, le rap Malien hormis quelques-uns, peine à maintenir ses valeurs d’éducation, de sensibilisation ou d’éveille de la conscience juvénile. Mais ce constat, n’est à généraliser. Car, il y en a qui continue de faire danser la génération dite 21, tout en faisant grâce aux bonnes mœurs et à la culture de l’éducation.

Dans ses premiers pas aux États-Unis d’Amérique, le mouvement Afro Hip-Hop était au service d’une cause noble et essentielle, celle de l’abolition de l’esclavage. Les noirs Afro-américains, dans un contexte de ségrégation accentuée, écrivaient au début des années 70, des textes dans lesquels ils libèrent leur colère, envers une société américaine des années 1970 qui marginalisait les noirs. Le Rap et les rappeurs pour l’indépendance ou le droit au vote des africains et leur prise en compte au sein de la classe sociale américaine, a été décisif.

Au Mali, ce mouvement compte au bout du doigt quelques figures d’exemples à l’image de « Master Soumy » de son vrai nom Ismaila Doucouré, Mahamadou Soumbounou dit « Mylmo », qui chantent pour une société éduquée et pour la bonne gouvernance.  Cependant, la nouvelle vague de jeunes rappeurs des années 2008, sont quant à eux en pahse avec leur monde, car la dépravation des mœurs n’est plus tabou pour ses derniers. Raison pour laquelle le message qu’ils véhiculent pour la plupart du temps est vulgaires ou encore de mauvais comportements qui ont pour conséquences que la naissance d’une « génération ratée » comme l’indique justement le titre d’un rappeur dans ses chansons, faisant allusion à une société perdue et à des jeunes dominés par l’alcool, la drogue ou encore le sexe.

Une peine perdue, quand on voit dans les pays comme le Ghana, des jeunes musiciens Ghanéens à l’image de Kofi Kinaata, nommé ambassadeur de l’Organisation Internationale des Migrants en novembre 2017. Comme pour dire que le rap, c’est le divertissement et du Showbiz certes, mais la divulgation d’un message de conscientisation,  le reflet d’une bonne image et  de l’éducation.

Ousmane Tangara

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