Reboisement au Mali : le tout n’est pas de planter des arbres

En cette période hivernale, au Mali en général et précisément à Bamako, les initiatives de reboisement se multiplient de jour en jour. En effet, ils sont nombreuses les personnes et organisations à se lancer dans des immenses projets de reforestations, avec la plantation de plusieurs milliers voire des millions d’arbres. Ces projets sont censés combattre le réchauffement climatique. Alors comment ces opérations de reboisement pourrons donnez des résultats ?

« Plantez des arbres pour résister au changement climatiques » telle est la doctrine des initiateurs de la campagne de reboisement.

Ainsi, «Bamako vert», «Save le fleuve Niger», «Je plante mon arbre», «Ma rue verte», «Un Malien, un arbre», se sont là des thèmes des campagnes de reboisement, lancées au Mali, par les Maliens, ces dernières années.

En effet, depuis 1995, le gouvernement malien, à travers le ministère en charge de l’Environnement, organise chaque année, une campagne nationale de reboisement dans le but de lutter contre la déforestation et les effets du changement climatique. Elle se déroule sur tout le territoire national. Les forêts classées et les régions ne sont pas délaissées.

Pour la campagne de reboisement de 2019 à Bamako, la société Ibrahim Yara offert 18 000 plants à la direction régionale des Eaux et Forêts afin lutter contre la déforestation et remplacer les arbres abattus.

Elle s’inscrit également dans la dynamique de rendre Bamako verts. Elle à démarrer avec la plantation de 18 000 pieds d’arbres. Le collectif Save fleuve Niger a promis de planter plus de 2 000 arbres avant 2020.

L’initiative «un Malien, un arbre», elle compte en planter et entretenir 20 000 fois plus d’arbres soit 22 millions d’ici 2022-2023.

Les initiateurs sont convaincus que la plantation d’arbres reste la meilleure solution pour résister aux changements climatiques. Voilà pourquoi, tous ces collectifs ont fait de la déforestation un problème personnel.

Chacun d’eux souhaite voir Bamako totalement verdie pour lutter contre le changement climatique. Et pourtant malgré ces reforestations massives, les résultats sont loin d’être visibles. Ces projets sont-ils réellement efficaces ?

La question vaut tout son pesant d’or, si l’on sait que pour beaucoup d’entre eux, il faut juste planter des arbres, sans se soucier du moindre entretien dont ces jeunes plants ont impérativement besoin.

En effet, il n’est un secret pour personne, il faudrait mettre en place systématiquement une reforestation bien gérée. Ce qui demande du temps. Et sans entretien, on se demande à quoi toutes ses opérations vont servir ?

L’autre aspect est le choix des arbres. Certains arbres demandent beaucoup plus d’entretien et ne résistent pas à la sècheresse. Il faut un choix minutieux dans la plantation d’arbres. Loin des multiples vertus attribuées aux arbres, tous les arbres ne sont pas bons à planter. Selon les scientifiques, certains arbres favoriseraient la pollution.

Pour cette année, la solution mise, en place par le ministère de l’Environnement, de l’assainissement et le développement durable, est l’entretien et le suivi des plantes. Cette opération sera effectuée par les services des Eaux et forêts et ‘’les gilets verts ‘’.

Certes, il est essentiel de planter des arbres, mais il est indispensable de faire un entretien et un suivi de ces plants, car tous les efforts mis en place seront réduits à néant.

Selon le chef de cabinet du ministère de l’Environnement et de l’assainissement, Moussa Kanta est bien conscient d’une chose : «Plantez c’est bien, mais les entretenir c’est encore mieux». Avant de souligner que les «gilets verts » interviendront dans ce sens.

Lancée le 17 août 2019 à Bamako, le mouvement national gilets verts a pour objectif l’assainissement du pays, avec l’implication de l’ensemble de la population dans ce combat.

Sur le terrain, les “Gilets Verts” évolueront dans le domaine de l’information et de la sensibilisation à l’endroit des ménages sur les questions liées à l’environnement et à l’assainissement, d’hygiène et de santé publique.

Par ailleurs ce mouvement devrait assurer la coordination entre les mouvements et associations locales œuvrant dans le domaine de l’environnement; assurer une veille environnementale dans les communes et quartier, afin de prévenir en cas de nuisance de l’environnement.

En tout cas, on verra bien si « gilet vert » est a été conçu par mimétisme au mouvement sociopolitique français ou des véritables guerriers de l’environnement.

Assitan Siga FADIGA

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