Tabaski : l’ambiance du Grand marché

C’est officiel : le Mali fêtera la Tabaski ou « Aïd el-Fitr » le dimanche 11 août 2019 sur toute l’étendue du territoire national.

Par conséquent, les ateliers de couture, les salons de coiffure et surtout le Grand marché de Bamako sont pris d’assaut par plusieurs clients (hommes et femmes de tout âge), à la recherche de divers articles pour bien fêter.

Le Grand marché de Bamako est bien fourni en marchandises et est plein comme un œuf. Les commerçants sont en plein activités ;  les clients entre embouteillage et le concert des klaxons de voiture et de moto ; des cris, chants et applaudissements des marchands qui appellent la clientèle à jeter un coup d’œil à leurs offres. C’est cette ambiance qui prévaut en ces jours de veille de fête au Grand marché de Bamako. A cela s’ajoute le son de la musique dans certaines boutiques. Le marché est inondé de gens qui viennent d’un peu partout de la capitale et ses périphéries. En tous cas, le marché « Dabanani » se prête aux couleurs de la fête.

Les voies bitumées (chaussée) sont transformées en stands de chaussures et sacs d’habits pour enfant et autres marchandises, à tel point qu’il est difficile de se frayer un chemin, faisant place à la bousculade.

Dans ce tohu-bohu, nous nous sommes adressé à des commerçants aussi bien qu’à des clients sur les prix qui se discutent entre acheteurs et vendeurs, qui se plaignent tous de la cherté de vie.

Ce n’est pas les nouveautés qui manquent, cette année, selon Aboubacar Bathily vendeur de Bazin au Grand marché :

 « A cette occasion, nous avons amené beaucoup  de nouveautés de Bazin. Et les prix du Getzner commencent à partir de 7000 FCFA. Mais avec tout ça, le marché n’est pas au top. Les clients se font rares et le peu qui vient se plaint des prix »

Quant à Fatim Dougnon, vendeuse d’habits pour enfant, elle a fait savoir que les choses ne sont pas aussi mauvaises : « Pour la fête, j’ai décidé de vendre les chaussures et les habits pour les enfants. Pour le moment, les clients ne manquent pas. Les articles sont abordables, les chaussures se vendent à partir de 1 500 FCFA la paire. D’autres plus ça dépend des qualités. Mais, cette année, les acheteurs se plaignent qu’il n y a pas d’argent.  Ainsi, il m’arrive de perdre ou de gagner, car je suis souvent obligée de baisser le prix. Je sais que ce n’est pas facile, parce qu’il y a tellement à faire », commente-t-elle.

Tout le monde ne peut aller dans les salons de coiffure, ici au Grand marché de Bamako, il y a des bonnes dames qui coiffent, posent de faux cils et les faux ongles.

Interrogées, certaines femmes racontent que ces dernières années, les perruques sont les plus achetés, car les greffages prennent plus de temps et ne durent pas sur la tête. « J’ai des clientes qui viennent se coiffer, mais elles sont plus nombreuses celles qui viennent pour les perruques. C’est la raison pour laquelle je fais beaucoup de modèles différents pour ne pas être en manque ou débordée par les demandes. Les perruques se vendent au minimum à 7500 FCFA», a-t-elle indiqué.

Quant aux acheteurs, la réalité est tout autre. En effet, pour eux, rien n’est accessible de nos jours : les prix ont doublé.

«On a l’impression que chaque année, les choses s’empirent. On ne peut rien touché dans ce marché. Mais, avec tout, il y a les commerçants qui disent que le marché est abordable, mais impossible d’acheter quoi que ce soit. Depuis le matin, je suis là à défiler devant les étales et boutiques, mais je n’y arrive pas», se lamente Bakary Coulibaly, père de famille.

Réputé comme le nid des petits délinquants, les clients au Grand marché de Bamako sont le plus souvent victimes de vol et d’arnaques de la part de ces vagabonds qui profitent de la naïveté de certains, en cette période de veille de fête. Les victimes se lamentent en longueur de journée. Malgré la présence d’un poste de police, ces voleurs ne se gênent même pas.

« Il est vrai que même si ce n’est pas la fête, les gens se font voler ici, mais actuellement, c’est pire. Le comble c’est que nous assistons souvent impuissants devant certains cas de vol, car nous aussi, nous faisons l’objet de menace chaque jour », regrette Lala Diakité, commerçante.

Adam Diallo  

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