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Trousseaux de mariage : une tradition à fardeau

Les trousseaux de mariage étaient un ensemble d’objets composés de pagne, d’ustensiles de cuisines etc. que l’on offre à la nouvelle mariée. Cette pratique existe depuis des lustres. Signe d’affection de la part de ses parents envers la fille, les trousseaux de mariage avaient pour objectif d’aider la nouvelle mariée dans sa nouvelle vie conjugale. Mais de nos jours, les trousseaux de mariage ont changé de contenus et d’objectifs.

Au départ, la tradition mise en place avait un sens expressif et encourageant. Mais, aujourd’hui il n’est pas rare de voir combien ces trousseaux de mariage peuvent coûter. De nos jours, les trousseaux de mariage sont devenus source de concurrence, un fardeau stressant qui peut à la limite conduire à tout (vente des biens, prêts importants, et même la prostitution) pour se faire voir. Au fait, certaines mamans, plus soucieuses de taper dans l’œil des voisins, de la famille, n’hésitent pas à s’endetter ou à repousser la date de mariage de leur fille pour pouvoir l’offrir tout le luxe.

« La collecte des éléments du trousseau occupe une place importante dans la préparation du mariage. L’année passée, j’ai dû repousser le mariage de ma première fille, car je n’étais pas financièrement prête pour les dépenses, notamment du trousseau. Vivant dans une grande famille, il fallait que ma fille ait tous ce qu’il fallait et bien plus encore », témoigne Assétou Dramé, mère de famille.

Actuellement, certains trousseaux de mariage peuvent rassembler une centaine de pagnes, de Bazin, d’ustensiles de cuisine, d’or, d’objets électroniques, et de meubles, de l’argent, pouvant faire des mois, voire des années sans être utilisés par la mariée. Malheureusement, tous ces biens sont vendus petit à petit par la nouvelle mariée, à défaut restitués à d’autres, en guise de cadeaux et de remboursement de leur contribution lors de son mariage.

En tout cas, malgré les campagnes de sensibilisation et le vécu quotidien, tout porte à croire que la femme malienne n’a toujours pas compris le vrai sens de cette tradition qui hélas continue d’être une occasion toute trouvée pour la mère et la mariée d’être à la Une : faire en sorte que les gens sachent la  fortune de la famille. L’autre face de la pratique est le cas des aides ménagères (Bonnes ou 52) qui, venues dans un but précis s’adonnent à des pratiques peu salutaires, car pensant trouver plus, pour vite et bien acheter leurs trousseaux de fin de saison.

                                                            Assitan Siga FADIGA

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