Véhicules d’occasion: business florissant miné par le désordre et l’arnaque

Bamako ressemble à un gigantesque parking à ciel ouvert de véhicules d’occasion. En effet, ces dernières années, l’on assiste, dans la capitale malienne, à une explosion du marché de la vente de véhicules d’occasion. Dans ce secteur juteux en pleine expansion, le désordre et l’arnaque règnent en maître. Les quelques rares professionnels se disputent les parts de marché avec les amateurs de plus en plus nombreux.

Des parkings sauvages poussent comme des champignons de partout. De tous les âges, de toutes les marques, des voitures parquées en plein air. Aux abords des rues de la capitale, voire dans les ruelles des quartiers, ce commerce prend de plus en plus de l’ampleur. A vue d’œil, il ne semble pas y avoir de limites dans ce secteur d’activité. Professionnels détenant des agréments ou amateurs ne disposant pas de documents en la matière, se frottent les mains. L’activité est florissante !

Si dans un passé récent, les Maliens étaient reconnus dans la sous-région pour leur «passion» pour les motos, de nos jours, les choses semblent beaucoup évolué. Le désir d’avoir un véhicule est en nette progression et le phénomène est en passe d’entrer dans les habitudes, avec l’émergence d’une classe moyenne.

Amadou Samaké, que nous avons rencontré sur un des sites de vente de véhicules, vient de s’offrir une « Toyota ». Le visage rayonnant de joie, il témoigne : « Avec cette acquisition, c’est une épine de moins au pied. Les risques d’accident seront désormais minimisés dans les rues de la capitale qui grouillent d’engins à deux roues ».

Quant à Sophie Dembélé, une autre cliente, la taille de sa famille commandait d’avoir un engin à quatre roues. Et il n’y a pas que cela. En effet, confie-t-elle, « lorsque vous avez un véhicule, vous pouvez sortir avec toute votre famille et être en sécurité, surtout quand on a des enfants, et vous êtes respecté parmi vos amis, parents et collègues ».

Pratiquement toutes les grandes villes maliennes connaissent cette explosion de la vente de véhicules d’occasion. Mais il ne fait aucun doute que la capitale Bamako remporte la palme d’or.

Selon les statistiques de la Direction générale des douanes, l’importation des véhicules d’occasion s’est accrue ces cinq dernières années. Ainsi, plus de 40 000 véhicules sont moyennement enregistrés par an au Bureau de dédouanement de véhicules automobiles.

Ces véhicules automobiles sont, pour la plupart, importés de la France, de l’Allemagne, de la Belgique et des Etats-Unis. Ils transitent par les ports de Dakar, Cotonou, Lomé, Abidjan ou Accra.

En attendant que tous les problèmes liés à ce secteur d’activité soient résolus, la vente des véhicules d’occasion continue de faire son bonhomme de chemin à Bamako et dans d’autres villes du pays.

Un business florissant qui gagnerait à être mieux structuré et encadré, pour des raisons économiques, de sécurité routière, de lutte contre le chômage, et surtout de pollution, pour ne pas dire de santé publique.

Paul Y. N’GUESSAN

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