Administration publique : le non-respect de la hiérarchie devient la règle

Le non-respect de la hiérarchie dans l’Administration publique malienne est un comportement qui est en train de prendre des proportions fort inquiétantes. Aujourd’hui, le constat est alarmant : l’autorité de la hiérarchie est très souvent bafouée au sein de l’Administration publique. Les raisons sont diverses. Si certains évoquent la mauvaise éducation de certains agents publics qui leur poursuit jusque dans leurs lieux de service ; d’autres évoquent les nominations sur fond politique, de népotisme et de corruption.

 En effet, il n’est rare de voir publiquement des agents contester l’autorité de leur premier responsable au motif que celui-ci ne peut rien leur faire ou est très loin moins âgé qu’eux.  Et cela se constate pratiquement au sein de tous les corps : infirmiers, enseignants, administratifs, journalistes, etc.

Il en est de même pour les paramilitaires où la discipline, depuis longtemps, a aussi foutu le camp si bien que l’on voit des policiers, des agents des Eaux et Forêts ou des douaniers en faire à leur tête.

Même l’armée réputée une institution où la rigueur devrait être de mise, n’y échappe pas puisque, de nos jours, il fréquent de voir des soldats qui tiennent tête à leur chef.

L’administration publique, de façon générale, pour dire qu’elle est mal en point. Tout se passe, en effet, comme si certains, depuis le coup d’Etat du 22 mars 2012, se croient tout permis. Car non seulement ils ne partent au travail que quand ils veulent, mais également, ils n’acceptent pas qu’on leur fasse des reproches. Ils n’écoutent personne et quand leur hiérarchie leur demande un travail, ils répondent en ces termes : « Je ne peux pas. Tu vas me faire quoi ? ».

Mais à la fin du mois, ces travailleurs indélicats et insoumis sont les premiers à courir en banques pour toucher leur salaire. Voyez-vous ? On ne peut pas continuer ainsi. On ne peut pas payer des gens à ne rien faire. Il y a tellement de jeunes qui cherchent du travail que l’on ne saurait s’accommoder de paresseux ni de « tricheurs », au motif qu’ils sont des doyens.

Si le Rwanda fait aujourd’hui partie des pays les plus respectés sur le Continent, c’est à cause de l’attachement de ses fils et filles au travail. En effet, un demi-siècle après le génocide, il a surclassé bien des pays en Afrique, en termes de progrès socioéconomiques. Donc, réveillons-nous ! Car, le chemin est encore long.

En tout cas, il faudrait qu’au plus haut sommet de l’Etat, qu’on fasse preuve de justice dans le choix des premiers responsables de nos structures publiques qui doit se faire sans complaisance aucune. Ainsi, le respect et l’autorité dus à la hiérarchie, ainsi que le bon fonctionnement du service public en dépendent.

Paul Y. N’GUESSAN

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