Hélicoptères de l’Armée cloués au sol : la peur va-t-elle changer de camp ?

L’affaire remonte à 2017. Pris dans la tourmente du fait de la multiplication des attaques terroristes, l’Etat malien avait pris la décision d’augmenter la puissance de feu des Forces armées maliennes (FAMA)  en les dotant de deux hélicoptères de manœuvre « Puma ».

Mais très vite, le scénario a tourné court. En effet, quelque temps après leur acquisition, les appareils sont cloués au sol. Une situation qui profite bien aux terroristes et aux djihadistes qui pullulent dans le septentrion et le Centre de notre pays.

Comment comprendre qu’un pays en guerre puisse «dealer», avec sa défense. En effet, le pays va très mal, car la corruption à tous les niveaux a atteint un seuil de non-retour. Au même moment, l’Armée censée faire face aux ennemis de la République, est dans la tourmente par la faute de sa hiérarchie et des hommes politiques véreux.

Si le chef de l’Etat, Ibrahim Boubacar Kéita, justifie cette brusque atrophie des hélices des « Puma »  par des problèmes de maintenance, des organisations de la société civile, elles, évoquent plutôt des malversations financières. C’est cette dernière version qui a été surtout accréditée par le chef de file de l’opposition, Soumaïla Cissé, qui n’écarte, cependant, pas la thèse avancée par le Président IBK.

« Les hélicoptères, pour sécuriser les populations et les forces armées, ont été achetés dans des conditions très discutables avec de la corruption, avec de la mauvaise maintenance. De l’argent dilapidé, du matériel qui aurait pu sauver les gens. Et ceci s’est traduit par des morts d’hommes et des villages détruits », affirme-t-il.

En effet, l’on garde encore bien présents dans la mémoire, les scandales liés à l’acquisition de l’avion présidentiel et à la fourniture d’équipements militaires, pour ne citer que ceux-là.

Ce qui heurte le plus la conscience de bon nombre de nos compatriotes, ce sont ces malversations endémiques qui n’épargnent même pas le domaine de la sécurité où l’Etat malien, lui-même, joue sa propre survie. Cela dit, l’on peut comprendre pourquoi les généraux de l’armée malienne sont classés parmi les plus riches de l’Etat avec des fortunes à faire pâlir de jalousie Crésus lui-même, alors que leurs troupes engagées sur le terrain dans la lutte contre les bandes armées qui écument le pays, servent de chair à canon, par manque d’équipements.

L’on ne peut donc que s’étonner de la maigreur des résultats engrangés dans la lutte contre le terrorisme. L’Etat malien devrait faire attention à ne pas scier la branche sur laquelle il est assis.

Paul Y. N’GUESSAN

Soyez le premier à commenter

Poster un Commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée.


*