Inégalité des sexes: l’AMASBIF dépeint un tableau peu reluisant

L’Association malienne pour la sauvegarde du bien-être familial (AMASBIF) a organisé, le mercredi 24 septembre 2019, une conférence-débats à la faveur de la Semaine mondiale d’action, prévue du 20 au 27 septembre, avec pour objectif de faire entendre les voix communautaires à travers le monde et de partager leurs demandes de changement transformationnel.

Dans le monde entier, les inégalités persistent et ont atteint des niveaux insoutenables entrainant des troubles sociaux. Il y a encore de vastes disparités vis-à-vis de l’accès aux services de santé, à l’accès à l’eau potable, et à l’éducation, aux moyens de production, à la justice entre autres.

Les changements climatiques provoquent des dégâts incalculables tels que la dégradation de l’environnement, les inondations, les mauvaises récoltes des cultures, les manques d’eau.

L’inégalité des sexes et la violence à l’égard des femmes, les conflits armés et communautaires nuisent à la moitié de l’humanité et affectent tout le monde.

La malnutrition infantile, les maladies mortelles et les migrations sont exacerbées par les effets du changement climatique et de la montée des inégalités.

Les systèmes économique, financier et politique centralisent le pouvoir et la richesse entre les mains de quelques-uns au détriment de la majorité des personnes vivant sur la planète.

La nature qui est notre système de support à la vie est dégradée, polluée et surexploitée, les impacts sont énormes sur notre sécurité alimentaire, l’approvisionnement en eau, la qualité de l’air et pour notre économie.

Le président de l’AMASBIF, Djembéré Alamine Touré rappelle qu’en septembre 2015, les gouvernements mondiaux ont signé des accords historiques : l’Accord de Paris sur les Changements climatiques et le Programme de développement durable afin de promouvoir un développement plus juste et durable d’ici à 2030.

Ces programmes interdépendants, selon lui, promettaient de transformer le monde, de mettre fin à la pauvreté, pour réduire les inégalités, assurer la paix et lutter contre le changement climatique.

Aussi, promettaient-t-ils de nous mettre sur une voie vers une transition juste et une approche holistique des systèmes qui sous-tendent notre économie, notre société et notre environnement.

Mais, 4 ans plus tard, il y a peu de progrès. La planète est en danger, l’autoritarisme et le nationalisme ont augmenté, les dirigeants politiques divisent la société pour obtenir des gains électoraux, dénonce-t-il. Ainsi, selon le conférencier, au Mali, les défis sont énormes et ont pour noms, entre autres : la fin de l’extrême pauvreté qui condamne 43,8% de la population malienne, soit environ de 8 millions de Maliens à vivre dans une pauvreté monétaire chronique dont 55% en milieu rural ; les problèmes de mortalité des femmes qui se manifeste par un taux de mortalité maternelle en 2016-2017 de 558 pour 100 000 femmes qui donne naissance ; le problème de l’accès à l’éducation de qualité pour les enfants ; le manque d’eau potable, seulement 68,8% au niveau national dont : 65,9% pour le milieu rural et 76,0% pour le milieu urbain. Le taux d’accès à l’assainissement en 2018 en milieu urbain est de : 46% (rapport cadre de concertation du secteur eau).

Toujours selon les données de ce rapport, les inégalités et discriminations touchent 80,3% des populations. Ce qui veut dire qu’elles n’ont pas accès à une couverture sociale, parce que seulement 19,39% des populations en milieu rural ont accès à l’électricité. En sus, le taux brut de scolarisation au premier cycle de l’enseignement fondamental en 2018 était de 76,5% et elle demeure encore faible.

Seydou Karamoko KONE 

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