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Insalubrité à Bamako : tous coupables !

Le Mali en général, et Bamako en particulier, est très sale. Marchés, rues, écoles même les hôpitaux sont loin d’être des lieux propres. Face à la gravité du phénomène d’insalubrité, l’on se demande à qui la faute ? Citoyen et Etat se jettent mutuellement la responsabilité, pour dire que tous sont coupables.

Bamako, la vitrine du Mali, autrefois coquette, est aujourd’hui très insalubrité. Les rues, marchés, écoles, trottoirs, et caniveaux sont tous transformés en dépotoirs d’ordures, obstruant ainsi les passages d’eau et provoquant des inondations avec les fortes pluies, Des cas, les Bamakois en ont vécu maintes fois. Pis une situation qui favorise la prolifération des mouches et moustiques, sources de diverses maladies et ternie surtout l’image de la ville.

Mais, quelles sont les actions entreprises par l’État malien dans le cadre de l’assainissement de la ville de Bamako et les sanctions qu’encourent les contrevenants aux règles de bonne conduite dans la cité ?

Depuis 2014, une loi portant interdiction de l’utilisation des sachets plastiques au Mali a été adoptée. Mais, malheureusement, son application, comme tant d’autres lois, n’est pas toujours en vigueur.

En outre, il y a le projet «Bamako sans déchets plastiques» qui vise la préservation de l’environnement, à travers la lutte contre la prolifération des déchets plastiques. Dans le cadre de ce projet, 10 kiosques sont installés au niveau de 10 marchés de la Commune VI du District de Bamako, où les populations pourront directement remettre leurs déchets plastiques aux opérateurs des kiosques, qui sont chargés, pour la suite, de la collecte, du traitement et du recyclage des déchets plastiques.

Ainsi, la mairie de la commune VI du District a décidé d’infliger une amende de 50.000FCFA, assortie d’un emprisonnement, à tous ceux qui font des trottoirs leurs dépôts d’ordures.

Des initiatives salutaires, ayant pour objectif de rendre à la capitale son titre de « Bamako la coquette», mais qui semblent être une perte de temps. Car pour rendre Bamako plus propre, il faut poser des actes concrets, sans trop de tintamarre. La preuve : tous les trottoirs continuent d’être des dépotoirs d’ordures. Pour les citoyens, le problème se situe au niveau du ramassage d’ordures par les GIE d’assainissement qui eux aussi accusent la mairie d’être incapable d’évacuer les rares dépôts de transit encore existants à travers la ville de Bamako. Pour enfoncer le clou, c’est l’Etat qui porte le chapeau de la culpabilité. Et pour cause, à présent Bamako n’a pas encore de décharge finale digne de ce nom. Au fait, les déchets de toute nature (plastiques et biomédicaux) sont évacués dans les champs, créant un autre problème  environnemental.

Au niveau de certains quartiers, notamment Medina-coura, Lafiabougou et autres, les tas d’ordures sont devenus les voisins des riverains de ces immondices avec des odeurs nauséabondes perceptibles à des kilomètres. En effet, le fameux «mont Kilimandjaro, encore appelé Koulouba II», près du cimetière de Lafiabougou dérange plus d’un et surtout en période hivernale où les ordures se retrouvent jusque sur la route principale.

Certes, l’insalubrité à Bamako incombe aux autorités mais elle est avant tout un problème de mauvais comportements. La preuve : le Bamakois ne se gêne pas de s’asseoir auprès d’un tas d’ordures pour manger ou vendre à manger, à déverser les ordures dans les caniveaux, à voler des poubelles d’autrui pour autres usages. Bref, il ne faut avoir peur du mot et appeler le chat par son nom : le Malien est sale.

Pour preuve : le comportement de certains Bamakois est en déphasage avec la culture de la propreté.

Et il ne sert à rien de nettoyer nos chambres et espaces pour déverser les ordures devant nos maisons.  Ce sont là des pratiques qui ont des conséquences directes sur notre environnement et notre santé.

Avec une croissance démographique élevée, le manque d’initiatives des gouvernements, et l’incivisme de la population ne font qu’aggraver le problème d’insalubrité à Bamako qui est devenu un véritable fléau. Certes l’incivisme des uns et des autres fait défaut pour relever le défi de la salubrité, mais il est de la responsabilité de l’Etat de mettre en place certains dispositifs, notamment l’organisation efficiente de la chaine des déchets solides et liquides; la réglementation des dépôts de transit et surtout la création d’une décharge finale moderne qui va créer des emplois et d’importantes ressources financières. Ainsi, après une période de sensibilisation et d’information de la population, l’Etat pourra, à juste titre, envisager de sanctionner tous les mauvais comportements des citoyens agressent notre cadre de vie. Il n’est un secret pour personne, vivre dans un environnement insalubre touche directement la santé. Il est donc impératif de chercher des pistes de solution pour se débarrasser des ordures et vivre dans un environnement sain. On ne veut pas être pessimiste mais, avec le comportement très peu salutaire de la population porte à croire que la conquête du titre de « Bamako la coquette », n’est pas pour demain.

Assitan Siga FADIGA

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