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Justice : le Parquet face au défi de délitement de l’autorité de l’Etat

Après la Conférence du Siège, tenue le lundi 2 août dernier, à l’Institut national de formation judiciaire (INFJ) a servi le cadre, le mardi 3 septembre 2019 à la Conférence des chefs de parquets, avec comme thème central: «Le Ministère public face au défi de délitement et de l’effondrement de l’autorité publique : perspectives et responsables ».

La cérémonie d’ouverture de cette conférence est présidée par le ministre de la Justice et des droits de l’homme, Garde des sceaux, Malick Coulibaly; en présence du Directeur national des Affaires judiciaires et du Sceau, Mohamed Maouloud Najim, ainsi que le représentant du Projet Justice-Mali (USAID-MJP).

Selon le Directeur national des Affaires judiciaires et du Sceau, l’organisation d’une Conférence des magistrats du Parquet est toujours à la fois une occasion de retrouvailles, mais également d’échanges sur des sujets de préoccupation partagée.

Pour lui, c’est le lieu idéal pour les magistrats du Parquet des différents degrés de juridictions, de jeter un œil critique sur leurs pratiques, d’identifier leurs difficultés, de proposer des solutions, de partager les bonnes pratiques, d’harmoniser leurs procédures, de pérenniser la tenue de la Conférence du Parquet pour s’auto-évaluer périodiquement.

A son avis, le choix du thème n’est pas le fruit du hasard, car la mise en cause de l’autorité de l’État a atteint des niveaux intolérables : « l’incivisme sur les routes, dans les Administrations, dans les écoles, en ville comme dans les campagnes, les spéculations en tous genres, notamment foncières, la fuite de responsabilité, la gabegie et la dilapidation des biens publics, l’apologie du gain facile à tous les niveaux, la montée en puissance de la violence et de l’insécurité et pour couronner le tout la propagation des groupes armés, des associations et autres milices armées défiant au quotidien les lois de la République, en toute impunité, laissant le champ libre à l’extension irrésistible du terrorisme ».

Pour Mohamed Maouloud Najim, «il s’agit là d’un très vaste programme, qui leur revient impérativement de réussir pour sauver encore, pendant qu’il est temps, la République et restaurer son autorité ».

Pour le représentant du Projet justice Mali (USAID-MJP), le délitement et l’effondrement de l’autorité publique pourraient s’expliquer à partir de deux raisons majeures que sont, d’une part, l’inefficacité de l’action publique en termes de précarité des conditions assurant la performance de la poursuite ; et d’autres part, cette méfiance et défiance toujours observées entre les populations et la justice qui soulèvent le problème de la confiance et par conséquent de la légitimation de l’action publique.

Pour sa part, le ministre de la Justice et des droits de l’homme, Garde des sceaux, Malick Coulibaly, a rappelé que le Président de la République, Ibrahim Boubacar Keita, n’a jamais cessé de répéter cette assertion: « nul n’est au-dessus des lois ».

Pour le Garde des sceaux, cette assertion est le viatique des magistrats et leur source d’inspiration.

« Les Maliens doivent sentir la loi partout où ils se trouvent. Ils doivent en même temps être protégés avec leurs biens », a-t-il fait savoir.

Pour lui, se trouvant à la croisée des chemins, la justice malienne est aujourd’hui attendue par tous. Elle doit restaurer l’autorité de l’Etat et consacrer les droits des citoyens.

Par ailleurs, a fait savoir le ministre Coulibaly, la reconquête de l’autorité publique, qui est devenue une question existentielle pour notre pays, ne sera pas acquise au bout du fusil ou à coups de matraques.

A son avis, elle se fera par un réarmement moral et intellectuel, à travers leur capacité collective à se remettre en cause et à vaincre sans relâche les habitudes qui se sont insidieusement installées depuis tant d’années.

Seydou K. KONE

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