Kidal : les agissements affligeants des enfants gâtés de la République

Depuis l’échec de la délocalisation de la 38è session du Comité de suivi de l’accord (CSA) à Kidal, la CMA reprend à batifoler. Et de nouveau, les autorités maliennes sont traitées de tous les noms d’Israël, le Niger voisin et son président Mamadou Issoufou, en paient la plus lourde tribu. Et pour cause, le jeudi 26 septembre dernier, certains Maliens établis dans la ville rebelle, Kidal, se sont adonnés à bruler des photos sur lesquelles, on pouvait voir l’image du président nigérien, Mahamadou Issoufou.

La scène était désolante. Et à la manœuvre, des femmes enturbannées, des enfants innocents, à qui par ces actes insolents, on apprend d’ores et déjà la haine, la violence et le trouble comme moyen de revendication ou d’exclamation de la colère. Car sur ces mêmes images qui n’honorent pas le Mali et les Maliens, on voit des pancartes ou des banderoles qui ont fait le tour du monde sur lesquelles on pouvait lire : « Issoufou l’Hitler du 21e siècle »

Est-ce par la haine on peut faire la paix ? Ou encore apprend-on qu’au 21e siècle, les donneurs de leçons nous apprennent qu’on peut parvenir à la paix par la rébellion ? Voilà des questionnements aussi troubles à comprendre que l’attitude des responsables de la CMA, qui sont appelés à regagner la raison, et prendre le langage droit et clair : le respect des engagements souscrits dans l’Accord pour la paix et la réconciliation au Mali.

Sinon, comment comprendre que des citoyens ayant reconnu la souveraineté et l’intégrité des autorités et du territoire maliens, manifestent leurs mécontentements en profanant les images du président d’un pays frère et ami qui est le Niger, parce qu’il a tout simplement défendu la position confuse de Kidal que tout le monde sait déjà. Est-ce Kidal se résume à la CMA ? Ou encore moins à la plateforme ?

Surement que Non ! Et c’est la raison pour laquelle dénoncer le statut de Kidal, comme causant une menace pour la sous-région, n’est pas dire que c’est la CMA qui doit revoir le statut de cette région, ou qu’elle est responsable de cette situation, encore moins que la plateforme n’est pas pour la paix, et ce n’est non plus, nullement dire que l’armée malienne est incapable de sécuriser Kidal et environ.

Mais en terme clair, pour qui veut comprendre : « Kidal, une menace pour la sécurité du sahel », sonne plutôt comme une invite au Mali et à tous les Maliens, à ses pays voisins du Sahel, et au monde entier, l’urgence qu’il y a de serrer l’union sacrée autour du Sahel, miné par le terrorisme et le banditisme. Mais si cela gêne, c’est que certainement, d’aucuns se reconnaissent de ces rangs. Sinon le message est banal à comprendre pour qui veut comprendre et joue le franc jeu. Malheureusement, on a à faire avec des vrais ennemis de la paix qui n’ont jamais fait mystère de leurs visées indépendantistes. En effet, il revient aux autorités maliennes et à la communauté internationale d’intégrer cette évidence et d’agir conséquemment.

Et voilà seulement, la mise en œuvre de l’accord pour la paix et la réconciliation se contraste de nouveau d’abord du fait de la velléité d’acteurs qui n’attendent que le moindre couac pour sauter au mur et montrer des griffes.

L’annulation de la tenue du Comité de suivi de l’accord qui devait se tenir le 17 septembre dernier à Kidal en est la parfaite illustration. Bien avant cette date, une position non moindre du Niger, avait sommé à son ambassadeur au Mali, de ne pas participer à une certaine délocalisation du Comité de suivi dans une zone que Mamadou Issoufi considère comme une menace pour la sous-région, ce qui est indéniable.

Ces évènements, auxquels s’ajoute la nomination de l’Algérien Ahmed Boutache, président du CSA, comme nouvel ambassadeur de son Etat en Italie, viennent conforter une mise en mal l’Accord pour la paix qui a assez souffert et dont des retouches se font nécessaires pour avancer comme l’entend le faire le Président IBK.

Et certes, la communauté internationale qui s’attend elle aussi à une vitesse de croisière du processus. Toute chose qui se justifie puisque, bientôt 8 ans, le Mali est devenu la priorité et coute trop au reste du monde entier. Il faudrait sortir de cette situation qui n’arrange nullement les Maliens eux-mêmes. Mais bizarrement au même moment, après sept années de crise au Mali, le Président du Niger, Mahamadou Issoufou, pense que le statut équivoque de Kidal constitue une menace pour le sahel et cela dérangerait certains maliens. En attendant, à cause de la non-tenue de la réunion du CSA à Kidal, la CMA vient d’annoncer pour la énième fois son retrait dudit Comité de suivi, ainsi que du processus du Dialogue national inclusif.

Ousmane Tangara

Soyez le premier à commenter

Poster un Commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée.


*