La puisette : un outil toujours utile dans certaines familles

La puisette ou « Djouroufilé » en Bambara est un ustensile domestique servant à puiser, contenir et distribuer l’eau. Elle est composée de deux mots, le « Djourou » qui veut dire la corde et le « filé » qui signifie calebasse. Dans les milieux, où les populations s’approvisionnent en eau à partir des puits, la puisette s’avère un outil très important dans la vie quotidienne de ces personnes. Car l’eau étant la vie.

A partir du Moyen-âge, apprend-on, l’homme a trouvé des moyens de fabriquer des ustensiles, des matériels pour pouvoir se procurer l’eau de façon plus pratique et facile. Ainsi, la puisette représente un instrument nécessaire pour l’homme parce que « sans eau, il n’y pas de vie », commente Koufecou Traoré, notre traditionaliste.

Par ailleurs, souligne-t-il, dans la tradition malienne, on appelait le Dieu de l’eau « Kodonba » qui signifiait la chaleur de la vie et pour les ancêtres celui qui donne de l’eau est le propriétaire même pratiquement de la vie.

Aujourd’hui, rappelle-t-il, la puisette est devenue un ustensile inséparable de l’homme parce que ne pouvant pas vivre sans eau. Même, s’il y a eu des mythes autour de la puisette, car ce sont les femmes qui l’utilisent le plus souvent « il était interdit aux hommes de toucher au djouroufilé en présence des femmes », révèle notre traditionnaliste. Parce que ce sont les femmes qui savent quel est son utilité et comment l’utiliser correctement.

Dans le temps, si à cause d’un énervement ou un autre, la puisette tombait dans le puits, cela devenait un problème parce qu’il fallait trouver un moyen pour ramener la puisette à la surface. Alors, l’homme a fabriqué un autre outil sous forme de crochet que l’on appelle en Bambara « Souroukou » (l’hyène). La procédure consiste à attacher le « souroukou » à une corde qu’on plonge dans le puits pour faire sortir la puisette. Les anciens ont développé tout un mystère, toute une tradition autour de la puisette pour garder la valeur de cet ustensile.

« Tout ceux qui maintiennent notre vie doivent être pris au sérieux, tel que l’air, l’eau et le feu », soutient le traditionniste. Une des raisons pour laquelle dans les villages, on trouve des puits sacrés, est de garder ces endroits propres et qu’ils ne soient pollués par l’homme ou empoisonnés. Toute chose qui peut entrainer des contaminations mortelles pour les habitants.

Selon notre interlocuteur, la puisette d’eau est sacrée. Elle doit être propre et ne doit être posé n’importe où et n’importe qui ne pouvait toucher à la puisette sans être propre d’esprit.

Selon la tradition, toute eau qui serait en contact avec un métal quelconque peut être contaminée de façon mystique. Pour la majorité, l’eau puisée à l’aide d’une calebasse et d’une corde est la meilleure que l’on peut utiliser dans la cuisine.

Le « djouroufilé » est et restera longtemps dans notre tradition, un instrument très utile accompagné de mystère, parce qu’à présent dans certains milieux, la jeune mariée amenait avec elle sa puisette pour souder et donner de l’eau à toute la famille.

Fatoumata KOITA

 

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