Le poisson fumé : les dangers d’un aliment prisé

Aujourd’hui à Bamako, le poisson est un produit qui est vraiment consommé. Les marchés, les quartiers et les artères de la capitale malienne sont décorés par des étales des bonnes dames qui proposent ce poisson de tout genre à la clientèle.

Le poisson fumé est très apprécié et surtout quand il est servi dans de la sauce de tomate ou de patte d’arachide. Cependant, souvent la façon dont le poisson est fumé reste à désirer. Par conséquent, de nos jours, la consommation de poisson fumé que l’on retrouve facilement dans les marchés ou en ville, est facteur d’énormes risques pour la santé.

Il est vrai que les Maliens aiment le poisson fumé, mais beaucoup ne savent pas le trajet parcourus par les poissons avant d’être mis à la disposition des consommateurs.

Il est pratiquement rare, voire impossible sont les personnes fument le poisson frais qui vient tout juste du fleuve. Ce sont généralement les poissons invendus en phase de décomposition qui sont fumés pour être vendus à la population.

«Je vends du poisson frais au marché de Kalaban. Souvent le marché n’est pas bon, et même si nous gardons au frais le reste, il nous est difficile de sauver toute la marchandise. Ainsi pour ne perdre, nous fumons ceux qui sont en mauvaise état. Je n’ai pas de machine four pour fumer le poisson. Je le fais en mode traditionnel, c’est-à-dire avec de la paille, de la boue, et du bois…. Dieu merci ça se vend comme de petit pain. Surtout en cette période, dès fois, nous sommes même en manque», nous témoigne une vendeuse de poisson fumé.

Du coté des consommateurs, le poisson fumé étant beaucoup sollicité, la demande excède souvent l’offre. Et ils ne se soucient pas de la provenance du produit ni de comment il est préparé.

«Le poisson fumé dans toute les sauces est un régal, mais avec celle à base de feuilles, c’est encore meilleure. Je mange deux fois dans la semaine le poisson fumé que j’achète ici au marché. Il y a des tas de 500 FCFA, de 1 000 FCFA. Il est aussi vendu en kilo. Je ne pense pas que cela ait des impacts sur la santé, il suffit juste de bien nettoyer le poisson avant de le mettre dans la sauce. Je ne me soucie pas de comment ma cliente fume son poisson», avoue sincèrement Adiaratou Coulibaly, une cliente.

Au marché, le poisson fumé est en général étalé sur des tables sans aucun emballage, donc exposé à la poussière et souvent aux mouches et autres. Toute chose qui doit interpeler tout consommateur.

Pire la technique de fumage laisse encore à désirer. Au Mali, la majorité des professionnels du poisson fumé utilisent encore la méthode traditionnelle, à savoir: le fumage à feu doux, avec effet de donner au poisson une texture dorée. En effet, ce sont la paille, les boues de vaches ou de chameaux et le papier en général les cartons ou les sacs de ciments qui sont utilisés pour fumer le poisson. Des pratiques qui se révèlent être de réel danger pour la santé.

Selon la FAO (Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture), le fumage traditionnel expose le consommateur à diverses maladies. Car le poisson exposé à la fumée, pendant une longue période peut provoquer des maladies cutanées, ophtalmologiques, pulmonaires et cardiaques.

Dr Bagayoko, médecin au CHU Gabriel Touré de Bamako nous en parle : « il est vrai la consommation du poison est très bénéfique, car il est doté d’une teneur en protéine plus important que les végétaux, donc indispensable pour l’homme. Par contre, fumé le poisson revient à élimer les éléments nutritifs et y introduire d’autres substances qui sont nocives. Par exemple : quand on utilise le carton, il dégage plus de fumée qui n’est pas du CO2, mais plutôt du monoxyde de carbone qui se dépose sur le poisson. Ainsi sa consommation peut être source d’intoxication, causant des problèmes de foie, et autres maladies qui peuvent se transformer en cancers».

Adam DIALLO

Soyez le premier à commenter

Poster un Commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée.


*