Le tatouage artificiel : une pratique à haut risque

Il est coutume pour les femmes maliennes d’appliquer du henné pour toutes les cérémonies ou même quotidiennement pour plus de féminité. Mais depuis quelques années, la pratique du tatouage artificiel prend de l’ampleur pour ces femmes qui n’ont plus le temps d’appliquer le henné traditionnel de nos grands-mères.

Un business très florissant pour les professionnels de ce métier d’esthétique. Mais, ce que bon nombre des femmes, adeptes de cette application, ne savent pas, le tatouage a des conséquences néfastes sur la peau.     Aux Halles de Bamako, ils sont nombreux ces tatoueurs qui ne manquent pas de clientes par jours.

Le jeudi 5 septembre 2019, dans la matinée, nous avons approché Seydou Traoré qui pratique le métier depuis plus de 8 ans. Assis sous un hangar, il nous explique un peu son quotidien :

«Je suis tatoueur aux Halles de Bamako depuis des années. Tout le monde me connaît ici. Ce travail me passionne chaque jour, car quand tu travailles avec les femmes, tu apprends toujours. Ici, je ne manque pas de clientes. La Malienne aime le henné et c’est une tradition que leurs mains et pieds soient toujours ornés de henné. Actuellement, la plupart de ces femmes préfèrent le tatouage ou henné noir qui est rapide et très joli. Il y a pour tous les prix, à savoir 500 FCFA, 1000 FCFA, et même pour 10 000 FCFA, car nous avons toute sorte de qualité de tatouage, donc c’est la qualité du produit et le modèle choisi par la cliente qui déterminent le prix. C’est une activité rentable. S’il y a du marché, je peux gagner jusqu’à 30 000 FCFA ou plus par jour», révèle-t-il.

Par contre, des recherches ont démontré que les tatouages qu’ils utilisent sont en général des encres de différentes couleurs. Cependant, les encres les plus utilisés sont le noir et le rouge qui contiennent de nombreux produits tels que l’hydrocarbure, silicone, colorant, etc., très toxiques pour la santé de la peau, car cancérogènes et causes de multiples dermatoses.

« J’avais l’habitude d’appliquer le tatouage sur ma peau et plus précisément sur mes sourcils, mais ma dernière expérience m’a donné une leçon inoubliable. Car à peine le tatoueur a fini le travail, la peau du sourcil a commencé à se gonfler et après consultation de mon médecin, j’ai dû faire une semaine avec la douleur et les yeux enflés. Et depuis, je ne l’ai plus appliqué. Je le déconseille si on n’a pas les moyens d’appliquer de la qualité, mieux vaut rester naturel et en bonne santé », témoigne une cliente.          

Avec tous les risques que le tatouage comporte, les femmes ne cessent de se faire appliquer le henné  particulièrement celui de couleur noire, différent du henné traditionnel (naturel), obtenu des feuilles de l’arbre de henné moulu.

Par contre, le henné noir (déconseillé) est obtenu à partir des mélanges de produits chimiques parmi lesquels le paraphénylene, un puissant allergène pour la peau. Ce qui fait que les femmes ayant une peau sensible ont des démangeaisons ou autres problèmes de santé cutanée, après usage de ces  produits pacotilles, achetés à 200 FCFA au minimum, mal conservés, pire exposés au soleil et autres intempéries pendant longtemps.

Un conseil à l’intention de nos sœurs et mamans qui, pour se faire belles, lors des évènements sociaux heureux, se soucient peu de la qualité du tatouage appliqué sur leur peau. Faites extrêmement attention à ces pratiques dont les conséquences sont milles fois plus importantes que les avantages éphémères.

Adam   DIALLO

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