Métiers de nuit : veiller jusque tard pour mourir tôt

A Bamako, capitale du Mali, du fait des contraintes professionnelles, beaucoup n’arrivent pas à s’offrir 6 heures de sommeil par jour. Pourtant, de la somnolence et du manque de concentration aux risques d’AVC, il n’y a qu’un pas.

Souleymane Diallo n’a pas encore 30 ans. Physiquement, il a l’air bien en forme pour dissuader les délinquants sur son lieu de travail devant une boite de nuit de la capitale. Mais, cette apparence a un coût : se priver autant que nécessaire de sommeil. Agent de sécurité de profession, il observe des nuits blanches afin de veiller sur les biens et les personnes. C’est d’ailleurs ce qui lui permet de gagner son pain quotidien.

« Notre métier nous empêche de dormir. Quand le sommeil vient, nous luttons de diverses manières pour ne pas nous laisser emporter », confie-t-il.     Lutter contre le sommeil, c’est un challenge devenu quotidien pour cet agent de sécurité comme pour de nombreux professionnels contraints à travailler jusque tard la nuit. Dans le lot, on retrouve aussi des couturiers.

« Je commence le travail, le matin ; et dans la soirée, je ferme l’atelier vers 22 heures. Je reprends quelques temps après. Quand je me sens fatigué, je suis obligé d’utiliser des médicaments pour tenir », explique Pape Fall, couturier à Niarela.

Certaines personnes, notamment les jeunes, à cause des loisirs Facebook, Messenger, ou la télévision, se privent de sommeil pour un bon moment et reprennent la journée toutes fatiguées.

Les revers       
Beaucoup ne s’en rendent pas compte. Cependant, se priver de sommeil a des préjudices pour la santé.

Dramane Berthé, Psychologue Clinicien de la santé et psychologue des Hôpitaux, le confirme. Pour lui, les maladies cardiaques, l’hypertension, l’infarctus, le surpoids, l’obésité, le diabète, la dépression, le vieillissement précoce du cerveau et de la mémoire, la diminution de la libido, le déséquilibre psychologique, la déformation professionnelle, les troubles gastro-intestinaux, tels que la constipation, voire l’ulcère, les troubles circulatoires des membres inférieurs en position debout, la perte de vigilance mentale et/ou physique, la mort prématurée, sont autant de risques qu’encourent les personnes en phase avec l’insomnie.

De son côté, Badiane Dembélé, médecin généraliste dans une clinique privée de la place, fait des recommandations :

« Pour être en pleine forme physique et morale, les élèves comme toutes autres personnes âgées de 18 ans ou plus doivent observer 7 à 9 heures de sommeil chaque nuit. Les personnes exerçant le métier de nuit doivent observer une longue sieste avant le début d’un boulot, et si possible une courte pause de sommeil à un moment du service, aménager sa chambre de telle sorte à éviter les bruits et la lumière du jour afin de mieux se reposer dans la journée après avoir passé une nuit blanche ».

Il conseille également de pratiquer des exercices physiques et surtout d’éviter l’usage des excitants.

Paul Y N’GUESSAN

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