Période hivernale : les légumes vendus au prix d’or

Depuis le début de l’hivernage, nous assistons à une hausse progressive des légumes à Bamako. Mais, ces deux dernières semaines, le phénomène a pris de l’ampleur au point de devenir un véritable casse-tête pour les ménagères et chefs de famille.

Il est 7 heures du matin, moment d’arrivée des légumes au marché de Sabalibougou en Commune VI du District de Bamako. Malgré l’abondance des produits, il est difficile d’approcher les vendeuses de légumes qui sont entourées de bonnes dames, venues achètent pour aller revendre à leur tour sur d’autres marchés. Mais, les discussions enflammées des acheteuses et vendeuses nous illuminent plus sur la hausse du prix des légumes en cette période hivernale.

Comme chaque année, en cette période, certains légumes connaissent une légère hausse, mais cette année, la situation inquiète plus d’un. Les ménagères sont obligées d’y faire face afin de pouvoir offrir des copieux plats aux membres de leur famille comme à l’accoutumée. Nombreuses sont celles qui ne savent plus à quel saint se fier.

« C’est devenu une habitude au Mali, les prix des légumes montent et descendent sans prévenir. Et en période hivernale, cela est comme une règle. C’est pourquoi, la situation n’étonne personne, toutefois c’est une situation difficile pour les acteurs. La carotte que tu avais à 50 FCFA est vendue aujourd’hui à 150 FCFA ; la pomme de choux est intouchable, l’unité est à 200 FCFA ou 300 FCFA, au minimum. Il ne faut pas toucher les tas de tomates. Ne parlons pas non plus des persils et celléreries. C’est devenu un véritable casse-tête de garnir son panier, en ce moment pour les ménagères. Alors que le prix de la popote ne change pas », déclare une cliente.

Du coté des fournisseurs, cette situation est indépendante de leur volonté. Ils reçoivent également les produits dans des conditions difficiles. Comment alors les revendre ?

« Nous-mêmes, nous n’aimons pas cette situation, mais en période hivernale, il y a peu de légumes et la quantité reçue est vendue un peu plus chère. Nous payons le transport, jusque-ici, à ce qui fait que les prix ont un peu changé ; et vue que la période n’est pas aussi favorable pour leur conservation, il nous arrive de perdre une grande quantité », se lamente une commerçante.

Il est 8 heures, les clients commencent à venir, le marché se remplit peu à peu. Ici, tous se plaignent : vendeurs et acheteurs déplorent le prix pas abordable des légumes mais surtout de leur très difficile conservation.

Maman Kadidia, vendeuse de légumes, assise sous un hangar couvert par une bâche pour se protéger de la pluie nous explique la situation « En ce moment, nous avons même peur de prendre les légumes, car il n’y a pas de bénéfices. Mais, nous avons des clients fidèles qui, malgré la hausse des prix, achètent. Il y a d’autres qui n’y arrivent pas. Ce n’est même pas de notre faute, si les légumes restent exposés un temps à la pluie, ils pourrissent vite et on ne peut pas empêcher cela. Il faut aussi que les clients comprennent que nous prenons beaucoup de risques, et avons plus à perdre ».

Quant à Salimata, une ménagère, elle estime que le prix des condiments pèse lourd à ce jour « On ne peut rien acheter, en ce moment surtout les crudités, la carotte, poivrons, persil et cellérerie sont intouchables. Je me suis faite à l’idée, on peut bien préparer sans tout ça même, surtout qu’on n’est pas obligé de manger les légumes. Sinon que faire ? Sachant bien que leur prix dépasse largement mon budget ».

Adam DIALLO

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