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Riz local ou importé : un dilemme pour les consommateurs maliens

Le Mali, grâce à l’Office du Niger, est aujourd’hui l’un des pays de l’Afrique les plus grands producteurs du riz. La production malienne de la campagne 2017-2018 s’est estimée à environs 3 millions de tonnes. Malgré cette grande production, le pays n’est pas autonome en matière de riz. Une grande quantité du riz que nous retrouvons sur les marchés maliens, est importée. Et le riz importé est plus consommé par le citoyen lambda. Toute chose que bon nombre de Maliens n’arrivent pas à comprendre.  

Les Maliens sont de grand consommateur de riz. En effet, toutes les heures sont bonnes pour manger un bon plat de riz. Et presque toutes les sauces maliennes s’accommodent avec le riz. Ce qui fait que le riz est l’une des céréales le plus vendu au Mali. Il est aussi vrai qu’il produit une partie de sa consommation, mais à ce jour, le Malien consomme plus le riz importé que le riz local. Ce qui se dénote une gestion de cette denrée pour bon nombre de consommateurs.
Un tour dans nos marchés suffirait pour faire le constat amer. Le riz importé vole la vedette à notre riz local et domine par sa présence en grande quantité, et de multiples variétés. Nombreux sont les Maliens qui l’achètent. Au marché de Sabalibougou en Commune V du District de Bamako, Sidibé avoue vendre plus le riz importé.

«Nous avons les deux, local et étranger et de multiples variétés, mais pour des raisons différentes, j’ai plus de clients qui achètent le riz importé. Il y en a qui se plaignent du prix du riz local, qu’ils pensent un peu élevé, et d’autres qui parlent de goût et préférence. Généralement, ce sont les hommes qui viennent acheter le riz, et eux, ils ne se soucient pas du goût, mais du prix. Nous avons aussi des femmes qui viennent acheter le riz, mais le plus souvent en détail. Elles préfèrent le riz importé qui est souvent bien parfumé et pas besoin de trier », explique-t-il.

De l’autre coté du marché, nous avons Sidiki Diarra, qui est entouré de clients, mais a trouvé le temps de nous édifier un peu. Devant son magasin il y avait une quinzaine de sacs de riz ouverts, parmi lesquels ceux du riz importé dominent. Et en notre présence, plus de clients ont fait le choix du riz importé.

« Ici, nous avons plusieurs qualités de riz. D’ici et d’ailleurs, mais le riz importé est de plus en plus acheté. Notre Gambiaka qui très bon est un peu cher, et la clientèle choisit en général ce qui est moins cher, vu que nous sommes un pays pauvre. Le sac  du Gambiaka de 50 kg est vendu à 17 500 FCFA et celui du 100 kg est vendu à 35 000 FCFA. Le BG qui est aussi une variété de riz local est à 15 000 FCFA, le sac de 50 kg et 30 000 FCFA le 1000 kg. Il y a également des moments où le prix change, parfois il monte et descend. Par contre, il y a tous les prix pour le riz importé. Par exemple, nous avons une variété dont le sac est à 16 000 FCFA», confie notre interlocuteur.

Nous constatons une différence, le riz emporté est moins couteux. Ce qui fait que la commercialisation du riz local connait des difficultés. Et les consommateurs évoquent plusieurs difficultés.

 «Moi, particulièrement, j’aime le riz local et plus précisément le Gambiaka. Mais malheureusement, je n’ai pas les moyens de me l’offrir tout le temps. Sinon il y a d’autres variétés de riz local que l’on retrouve sur le marché, mais qui ne sont pas bonnes et difficiles à préparer. Par contre, le riz importé n’est en général pas cher, mieux, il est propre et facile à préparer», raconte une cliente.

Quant à Kalifa Konaté, un client, lui il dénonce la mauvaise gestion de notre production nationale:

« C’est vrai que nous produisons une quantité remarquable de riz. Mais, le Mali est un vaste pays et vu l’immensité du fleuve Niger et la capacité de l’Office du Niger, nous pouvons mieux faire. On pouvait comprendre si seulement toute la production malienne de riz était exclusivement destinée à la consommation nationale. Mais non ! Nous préférons exporter ce que nous produisons, de surcroit ce riz est de meilleure qualité que le riz importé qui nous vient souvent de n’importe où et qui est même souvent avarié, parce qu’il est moins cher. Et la majorité de la population est pauvre ou ignorante».

ADAM DIALLO

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