Stérilité dans un couple : faut-il toujours accusé la femme ?

Un foyer conjugal peut-il durer sans un enfant ? La question suscite d’énormes émotions tant au niveau des époux, de sa famille comme du côté de la femme.

Nous le savons tous, le mariage est l’alliance entre un homme et une femme, unie par un même amour. C’est-à-dire un engagement pris devant Dieu et les hommes pour le meilleur et le pire. La dignité de cet engagement s’articule sur les quatre piliers que scellent l’échange des consentements : la liberté, la fidélité, l’indissolubilité et la fécondité.

En effet, dans le mariage moderne, chacun des fiancés doit être pleinement libre au moment de son engagement. Les conjoints se promettent fidélité, source de confiance réciproque dans la vie d’un homme et d’une femme.

Cependant, au Mali, la femme qui n’enfante pas est souvent victime de la pression venant de la société, de sa belle-famille, et pire parfois de son mari.

Pour Awa, cette question de stérilité est un débat difficile et très sensible. Elle explique que nous nous marions dans le but de construire une famille. Se marier a pour but d’offrir au couple un cadre social et juridique qui le protège.

Dans notre pays, a-t-elle soutenu, c’est toujours la femme qui à tort et reste la proie facile qu’on accuse, sinon dans la plupart des cas, le problème de stérilité vient de l’homme et non de la femme.

« Des années de mariage sans un enfant, malgré tout mon homme me soutient, fait tout son possible pour que le foyer ne stagne pas. Mais derrière tout ça, la belle-famille fait pression sur moi, le social n’en parlons-pas. Une femme qui n’arrive pas à concevoir un enfant chez nous, est traitée de toute sorte de malédiction. Dieu donne l’enfant à qui il veut, quand il veut », est convaincue Awa, car ce n’est le souhait d’aucune femme d’être mariée et ne pas avoir d’enfant.

Quant à Ina SOW, ce problème de stérilité peut être des deux côtés, donc ni l’un ni l’autre ne doit être accusé sans passer chez le médecin, qui à la suite des examens, pourra situer le mal chez l’un des époux.

Il faut accepter de faire les analyses pour détecter le problème dira YAYA, professeur de Lettres.

« Je pense que l’accusation de la femme, dans un cas pareil, est due à la faiblesse de la femme. Dans nos sociétés, la femme apparaît faible. Elle est la proie facile, raison pour laquelle, en cas de stérilité, on s’apprend à elle ».

Pour M. Traore Vice-Président de la JCI Nioro, bien avant de constituer un foyer, on pense vivre à deux. Et c’est quand on arrive à vivre à deux qu’on conçoit des projets devant être compatibles qu’on pense à faire d’enfants.

« Un enfant, ce n’est pas la base d’une union, mais un enfant peut apporter un plus dans un foyer et ça sera un moyen pour renforcer ou bien fortifier l’amour. Pour moi, il est trop facile d’accuser la femme dans notre société, car le problème peut être aussi l’homme » soutient M TRAORE.

Quant à Charlotte, elle invite les hommes à ne pas toujours accuser la femme pour un problème de stérilité, pour la simple et bonne raison que c’est une maladie que l’on diagnostique autant chez la femme que chez l’homme. Cependant dans la société patriarcale, la femme est toujours celle que l’on blâme avant toute chose.

Abordant dans le même sens, Moussa Koné dira : « la responsabilité peut incomber à l’homme comme à la femme ».

L’iman Birama Keita nous rappelle ce passage écrit dans le coran, à savoir : « c’est Dieu qui fait concevoir et empêche qu’on le fasse. Le mari, sa famille doivent être en mesure de savoir cela et d’arrêter de traiter la femme de stérile », conseille-t-il.

Aussi, indique-t-il, la stérilité peut être une épreuve très difficile, surtout pour les couples qui ont attendu toute leur vie d’avoir des enfants.

« Les hommes et les femmes devraient tous les deux mener une vie équilibrée pour se préparer à avoir un enfant ou pas. Ils peuvent continuer à prier pour un enfant, mais le plus important est de prier pour que la volonté de Dieu s’accomplisse dans nos vies. S’il veut que nous ayons un enfant naturel, cela arrivera. Avec ou sans enfants, nous devons l’accepter et nous engager dans cette voie avec joie. Nous savons que Dieu a un plan merveilleux pour chacun de ses bien-aimés. Connaître et accepter ces vérités contribuera beaucoup à apaiser la douleur des couples stériles », conclut notre Imam.

Fatoumata Koita

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