Agro-industrie au Mali : les femmes au four et au moulin PAGE 8 : PUB

Aujourd’hui, les femmes maliennes constituent l’un des piliers de la sécurité alimentaire du fait qu’elles ont toujours été l’épine dorsale de la production agricole. Elles sont présentes dans toutes les chaines de la production et constituent la majeure partie de la main d’œuvre.

De nos jours, nombreuses sont  les femmes qui ambitionnent d’étendre leurs activités agricoles au-delà des champs pour être des vraies actrices de l’agro-industrie dans notre pays à travers les multiples coopératives qui voient le jours, formant ainsi une force entrepreneuriale remarquable qui contribue non seulement à l’émergence de l’économie nationale, mais également à l’épanouissement de celle-ci.

Bien vrai que le secteur agro-industrie soit peu développé au Mali car jusque là, une quantité importante des produits de consommation est importée, mais les femmes font le gros de leur travail manuellement.

Certes, actuellement, il y a des industries locales de transformation comme la Société Aminata Konaté, le Holding Zaban, GDCM avec les produits « Duba », etc., les groupements et associations de femmes se démarquent considérablement avec leur présence dans certains coins du pays où elles produisent et transforment une grande partie de leurs produits agricoles, de la pêche, de l’élevage, etc.

Il s’agit à travers ces activités de transformation de conserver certains produits locaux qui auparavant par manque de moyens d’écoulement se retrouvaient dans les poubelles. Elles permettent également d’avoir des produits saisonniers durant toute l’année sur le marché, car elles aident les femmes rurales à avoir d’autres occupations et sources de revenus en dehors des champs et des tâches domestiques.

En effet, la transformation des produits saisonniers, devenue une véritable fonction de certaines rurales s’avère une activité génératrice d’emplois et de revenus qui les aident à subvenir aux besoins de la famille mais aussi a assuré la sécurité alimentaire de la famille.

Pour celles de la ville, l’agro-industrie est une alternative au chômage nous assure Mme Bah Awa :

« Je suis dans ce busines depuis près de trois ans. Je suis ménagère. Pour ne pas rester à ne rien faire je me suis lancée dans la production de fonio et de riz précuit qui marchait très bien. Je les déposais dans quelques supermarchés de la place. Et après, j’ai suivi des formations qui m’ont permis de faire d’autres produits tels que le Djouka, la poudre de gingembre, etc. C’est une affaire qui marche très bien aujourd’hui. J’ai même initié ma fille qui veut bien moderniser l’activité », témoigne Mme Bah Awa.

Il fut un moment où avoir les produits locaux dans les supers-marchés était impossible, mais de plus en plus avec ces initiatives qui prolifèrent dans nos pays « nous consommons ce que nous produisons ».

Ce qui fait que les femmes prennent de plus en plus conscience de l’importance de l’agros industrie et s’y lancent progressivement, ainsi, il est devenu très facile d’avoir des produits locaux conditionnés qui facilitent la vie aux consommateurs.

Il suffit juste de se rendre dans les points de vente pour savoir que les rayons réservés à ces produits sont réellement visités :

 « Chaque jours, nous avons de nouveaux fournisseurs avec de nouveaux produits : le fonio précuit, les farines de nos différentes céréales précuites, les sirops de bisap, de tamarin, de gingembre, les produits laitiers, du miel, des fruits et légumes séchés, etc. Ici, ce sont les produits laitiers locaux qui dominent,  avec viennent les fruits séchés et surtout les fruits sauvages qui sont aussi aimés par les étranges », nous  confirme un vendeur dans un supermarché de la place.

« Ces produits sont vraiment sollicités, au point qu’il arrive qu’on soit en rupture de stock, comme vous le constatez. En plus, il y a toutes les indications sur les emballages. Nous sommes surtout fournis par des femmes », précise notre interlocuteur. Une initiative bien accueillie par les femmes, nous confirme maman Hadja :

« Aujourd’hui, le travail de la ménagère est de moins en moins difficile. La preuve: elle n’a plus besoin de se fatiguer, pratiquement tout est ou presque prêt. Avec le fonio précuit, il suffit juste de le mouillé et le mettre dans une écumoire et surveillé la cuisson. Alors, plus besoin de passer des heures à le laver et autre. En effet, préparer est aujourd’hui facile, il suffit d’acheter les produits conditionnés et les mettre dans la marmite et c’est bon. En tout cas, nous ne pouvons que remercier et encourager les projet agro-industrie ».

ADAM DIALLO

 

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