Bamako envahi par les déchets : A qui la faute ?

Depuis quelques jours, les ordures ménagères de certains quartiers du District de Bamako ne sont pas évacuées pour faute de destination finale. En effet, à Hamdallaye, et Lafiabougou, en Commune IV du District de Bamako, les grandes artères sont en passe d’être transformées en dépotoirs d’ordures. La preuve : la prestigieuse Place CAN sise à Lafiabougou est, depuis le vendredi dernier, devenu le dépôt d’ordures des riverains remontés contre la non-évacuation de leurs ordures par les GIE qui se plaignent également de manque de dépotoirs.

En saison pluvieuse, l’évacuation des déchets reste un véritable calvaire. Les GIE d’assainissement sont entre plusieurs feux : les manœuvres qui retournent au village pour les travaux champêtres, le manque de dépôts et surtout l’absence d’une véritable décharge finale à Bamako. Toutes choses qui expliquent la non-évacuation des ordures auprès des ménages dont certains sont obligés de faire recours aux services des charretiers occasionnels, excessivement coûteux.

« Ça fait au minimum 10 jours que les ramasseurs d’ordures ne viennent plus évacuer nos déchets. Et pourtant, chaque jour nous en produisons. Les ordures s’entassent et cette mauvaise gestion des déchets nous cause de nos nombreuses maladies » s’est plaint Mme Traoré, qui vient de rassembler ses ordures dans des vieux sacs de charbon et riz, en ce dimanche 29 septembre 2019 très ensoleillé.

En tout cas, cette non-évacuation interpelle les autorités maliennes à qui il incombe la responsabilité de veiller à l’hygiène et à la propreté publique de la cité, notamment celles de Bamako, la vitrine du Mali. D’où l’appel incessant des populations des quartiers confrontés à ce récurrent problème de dépôt et de ramassage des ordures ménagères.

« Nous sommes confrontés à certains problèmes concernant l’évacuation des ordures ménagères, ces derniers jours, notamment au niveau des dépôt.  En effet, le dépôt de transit de Lafiabougou nous a été interdit. Donc même si nous ramassons les ordures nous ne savons plus où les déverser », a fait savoir Souley, un ramasseur d’ordures à Hamdallaye, un quartier populaire en Commune IV de Bamako.

Nous ne cesserons jamais de le rappeler, certes, il incombe de la responsabilité de l’Etat de mettre en place des dispositifs favorisant l’assainissement, notamment la résolution définitive des problèmes de dépôts anarchiques à travers la ville de Bamako et surtout celui de la décharge finale en gestation depuis des décennies.

Mais, il est aussi du devoir de chaque Bamakois d’adopter des comportements civiques en évitant de transporter les artères en dépôts d’ordres. C’est une très mauvaise image que l’on donne aux étrangers et autres visiteurs qui sont parmi nous. Pis, ils sont les premières vraies victimes des conséquences de la dégradation de notre cadre de vie, un bien commun dont la propreté est à la fois une responsabilité collective et individuelle partagée.

Assitan Siga FADIGA

 

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