Gestion des déchets médicaux: un vrai défi environnemental

Chaque année, on estime que 16 milliards d’injections sont administrées dans le monde, mais toutes les aiguilles et seringues utilisées ne sont pas éliminées correctement par la suite.

Selon l’Organisation mondiale de la santé (OMS), 15% des déchets générés par les activités de soins de santé sont considérés comme des matières dangereuses pouvant être infectieuses, toxiques ou radioactives.

De plus, la combustion à ciel ouvert et l’incinération de déchets de soins de santé peuvent, dans certaines circonstances, entraîner l’émission de dioxines, de furannes et de particules.
En Afrique subsaharienne, de nombreux pays ne disposent, ni de législation appropriée, encore moins de moyens pour la gestion de ce type de déchets, conformément aux normes requises.

Dans une étude datant de 2016, les auteurs écrivent qu’en dépit d’une prise de conscience croissante, «la gestion des déchets ménagers urbains dans la plupart des pays africains était en deçà des normes»

L’étude estime en outre que l’utilisation appropriée des codes de couleur, la formation périodique et le transfert hors site doivent être abordés en termes de reporting et de pratique.

La même étude estime que l’Afrique compterait 67 740 établissements de santé et produirait environ 282 447 tonnes de déchets médicaux chaque année.

Cependant, la composition du flux de déchets considéré comme dangereux et nécessitant un traitement spécial peut être supérieur aux 10 à 25% attendus, en raison des mauvaises pratiques de traitement des déchets rapportées dans de nombreuses études.

Au Mali, si l’État a tôt pris le taureau par les cornes, les moyens semblent toujours insuffisants pour mettre en place une politique rationnelle de gestion des déchets biomédicaux.

« Quelles que soient les qualités ou les compétences du médecin, si ce dernier travaille dans un environnement malsain, ses prestations seront toujours sujettes à caution ». C’est en ces termes qu’Ousmane Diakité, chercheur en santé, décrit l’importance de la promotion de l’hygiène en milieu hospitalier.

Celle-ci passe, selon lui, par une meilleure gestion des déchets biomédicaux (DBM). Il aura fallu attendre les années 2000 pour que les pouvoirs publics dans les pays d’Afrique subsaharienne prennent conscience de l’importance d’une gestion écologique, rationnelle et concertée des DBM pour commencer à mettre progressivement en place des dispositions idoines.

Paul Y. N’GUESSAN

 

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