Le Kata : le spaghetti fait maison des Nordistes

Le «Kata» en langue Sonrhaï, appelé par certains «le macaroni malien» est un aliment, qui s’apparente beaucoup au spaghetti, car ayant pratiquement le même gout, fait base de blé, exclusivement à la main.

Le Kata est un aliment à base de farine de blé qui est surtout consommé dans les régions Nord du Mali.  Sa production est une tâche qui incombe essentiellement aux femmes, pour qui, loin d’être une corvée, s’avère une activité non seulement déstressant, mais également génératrice de revenus.

Dans le septentrion malien, les femmes s’adonnent à plusieurs activités, notamment le maraichage, le petit commerce, l’artisanat, la fabrication du pain traditionnel, ainsi que la production du kata.

En effet, la préparation du Kata demande beaucoup de patience et un réel savoir-faire. Le blé est tout d’abord pilé pour enlever les écores, ensuite le produit est lavé et pilé pour avoir la farine qui est tamisé à son tour pour avoir le matière de base de fabrication qui est la farine de blé.

Ensuite, les bonnes dames passent au mélange des ingrédients qui consiste à ajouter un peu de levure et un peu d’eau à la farine de blé, le tout dans un récipient pour bien malaxer pendant un bon moment. Après on laisse reposer le mélange.

Enfin, vient le moment le plus important, à savoir la production même du Kata qui est faite s’effectue généralement dans l’après-midi, lors des causeries entre femmes.

Dans pratiquement toutes les grandes familles de Tombouctou et Gao, les femmes consacrent leurs après-midi à la production du Kata.

Dans les vestibules, on retrouve des femmes assises sur des nappes, posant du «Findou» récipients traditionnels, sur leurs pieds, et avec leurs mains façonnent d’une expertise le Kata qui est ensuite étalé au soleil pour être séché. Certaines peuvent produire 4 récipients remplis de katas par jour.

Comme le macaroni, le Kata séché est préparé dans la sauce rouge ou blanche : un réel festin pour bon nombre de Nordistes.

Spécialité culinaire des Nordistes, surtout lors des fêtes et autres grandes cérémonies, le Kata est, cependant de nos jours, vendu pratiquement dans toutes les régions du Mali, et consommé par toutes les communautés du Mali.

Adam DIALLO  

Soyez le premier à commenter

Poster un Commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée.


*