Le turban : style vestimentaire ou symbolique ?

Comme la langue et les recettes culinaires, le style vestimentaire fait partie des éléments d’identification à une ethnie ou à une nation. Alors, le turban, une coiffure d’origine orientale, portée par les hommes et formée d’une longue bande d’étoffe (laine, coton, soie) enroulée autour d’une calotte de drap, est un style vestimentaire ou symbolique ?

En effet, l’histoire nous apprend que le port du turban a traversé les âges et s’est modernisé au fil du temps. Et pourtant, ce tissu a une longue et riche histoire, que ce soit culturelle ou religieuses. Au Mali, ce sont les communautés du Nord (Maures, Touaregs, Sonrhaï, Peuls, Bellah, etc.) qui portent généralement le turban, un accessoire à haute symbolique.

Le turban est un tissu d’origine asiatique et orientale avec des longueurs différentes selon les régions et les ethnies. Sa longueur équivaut à deux fois la taille de celui qui le porte, sa largeur équivaut à deux fois la taille de la poitrine de l’enturbanné (celui qui le porte).

Depuis, l’Antiquité, apprend-on, il y’avait des turbans linceul « quand l’enturbanné mourrait à l’extérieur alors, celui qui trouvait son corps se servait de son turban comme linceul et l’enterrait avec», raconte Adama Traoré, traditionnaliste et sociologue malien.

Aussi, explique-t-il, dans la religion musulmane, le turban est perçu comme étant un accessoire qui dénote la classe et la grandeur de celui qui le porte. Religieusement, le turban était le symbole d’une culture et d’un rang social. Petit à petit, le turban s’est imposé comme mode vestimentaire. Nombreux le porte sans pour autant penser au côté culturel. Dans les régions du Nord du Mali, certains l’utilisent comme moyen de protection pour se couvrir le visage dans les circonstances bien précises, le froid, les tempêtes de sable, le soleil ou la chaleur. « Au-delà de la protection, le turban rentre dans tous les évènements importants de l’homme : circoncision, mariage, et remise de diplôme, fin d’apprentissage du coran, la prise d’une fonction importante (chef de quartier, imam, etc.). C’est le turban qu’on donne aux inimitiés chez la population de Medina de Tombouctou. Il signifie la prise de responsabilité. Chez les peulhs, il y existe des turbans instructifs, qui représentent le degré d’instruction de la personne », conclut-il.

                                                                                      Assitan Siga FADIGA

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