Métier de manœuvre : 66% d’augmentation de revenus

Le manœuvre est un travailleur qui s’occupe de la préparation du terrain, des outils et des matériaux nécessaires à l’exécution de travaux de construction. Il intervient aussi dans l’entretien ou la réparation du bâtiment. Il y a quelques années, pour beaucoup de jeunes citadins, le manœuvre était un métier non valorisé car placé au plus bas niveau de la hiérarchie professionnelle. Mais actuellement, ce métier ne semble plus avoir cette image écornée d’antan en zone urbaine.

Le métier de manœuvre était très discriminatoire, et représentait le plus bas niveau au plan économique et social. En effet, les manœuvres en ville étaient la plupart des jeunes issus des zones rurales plus ou moins désœuvrés à la recherche d’une condition de vie meilleure. Ne possédant que leur force de travail, les manœuvres sont très mal rémunérés et considérés dans la société. Et pourtant, ce sont des travailleurs dont l’on a besoin pour divers travaux domestiques ou sur les chantiers. Dans le bâtiment, tous les ouvriers occupent une place qualifiée à l’exception exclusive du manœuvre.

Aujourd’hui, les chantiers sont de plus en plus nombreux à Bamako et environs. Depuis un certain temps, travailler sur un chantier en tant que manœuvre n’a plus la même considération que dans le passé. Selon ce maçon qui a son chantier à Yirimadjo, « le métier de manœuvre n’est plus si dur qu’auparavant. Ce qui explique que les jeunes de tous les horizons s’y intéressent. En 2010, moi j’ai fait le manœuvre en raison de 1 500 FCFA la journée. Aujourd’hui, le manœuvre est payé à 2 500 FCFA la journée. Là, pour ce petit chantier, j’ai à ma disposition 1 seul manœuvre. A l’étape du crépissage, il y aura 2 maçons pour 1 manœuvre », explique-t-il.

Chaque matin entre 7h30 et 10 heures, ils sont plus d’une cinquantaine de jeunes au bord des routes, notamment au carrefour des 1008 logements et au Terminus de Banankabougou, prêts à monnayer leurs forces physiques pour les chantiers (routiers ou de Btp) ou divers travaux (curage des caniveaux, désherbage, élagage d’arbres, etc.). Certes, les progrès technologiques ont considérablement réduit le recours aux manœuvres, cependant le métier reste toujours sollicité dans tous les centres urbains, notamment en cette période marquée par la reprise des classes et l’approche des récoltes.

Andiè Adama DARA

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