Orange-Mali : les travailleurs réclament leur part du gâteau

L’Organisation syndicale des travailleurs d’Orange Mali a organisé, le mardi 08 octobre 2019, au siège de la société Orange-Mali, un point de presse qui avait pour principal objectif de protester contre la faiblesse de la part d’action du personnel dans le capital de la société. Ledit point de presse était animé par Daouda N’Diaye, Secrétaire général, et Abdoulaye Konaté, Secrétaire à la mobilisation.

Les travailleurs sont vent debout face au refus de la direction d’accéder à une demande de revalorisation de la part d’action du personnel à 10%. Pour exprimer leur ras-le-bol, ils entendent organiser des sit-in, des assemblées générales extraordinaires, mais aussi des grèves, pendant lesquelles les travailleurs porteront des brassards rouges.

« Les travailleurs sont la cheville ouvrière pour la réalisation des dividendes, mais avec le format actuel, ils ont la plus petite part », ont dénoncé les conférenciers qui, en l’absence d’une convention collective des télécommunications du Mali, veulent s’appuyer sur la jurisprudence SOTELMA-MALITEL. Les travailleurs d’Orange Mali se fondent sur l’exemple des travailleurs de la SOTELMA-MALITEL pour porter leur combat. Comme ces derniers, ils sont convaincus d’atteindre leur objectif à la suite d’une lutte syndicale constante et engagée.

Une source interne, sous couvert de l’anonymat, confie que les revendications des travailleurs ne sont pas de simples prétentions. Elles sont, selon notre interlocuteur, accessibles et fondées sur les réalités de la société. « Les travailleurs savent ce qui rentre et où va l’argent. Ils savent aussi le système qui est mis en place pour augmenter les revenus et générer toujours plus de profit, parce qu’ils en sont les acteurs de mise en œuvre. Donc, ils sont en droit de demander, au-delà de leurs salaires et primes, d’autres avantages », a déclaré notre source.

Le secteur de la téléphonie mobile au Mali reste un secteur très rentable. Contrairement aux autres pays de la sous-région, les coûts de communication et de connexion internet sont les plus élevés au Mali. Les services de contrôle, en raison de lobbying politique, ne sont pas à mesure de contraindre convenablement les sociétés de téléphonie.

L’association des consommateurs, outil de veille et de défense des droits de l’homme, n’a pas le courage nécessaire de s’attaquer aux manigances des sociétés de téléphonie.

Un journal de la place évaluait récemment à plus de 400 milliards de nos francs, les ressources pillées chaque année par Orange Mali, Sotelma et Telecel. Une réalité générale perceptible par chaque utilisateur, notamment dans la gestion on ne peut plus opaque des forfaits ou des répondeurs. Orange Mali, les travailleurs le savent, est un gros gâteau qui n’est pas partagé de manière équitable. Pour arracher leur part, ils sont prêts à en découdre.

Seydou K. KONE

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