Scolarisation des enfants et planification familiale : l’équation qui hante l’Etat et les ménages

L’extrême pauvreté est un handicap dans la vie. Limités dans leur volonté de conduire à maturité la vie scolaire de leurs enfants, parce qu’enfermés dans cet étau, les parents s’en remettent au sort. Et pendant que la chaine sociale est éprouvée en Afrique, la planification familiale se veut un outil pertinent d’aide au maintien d’un taux de scolarisation et d’alphabétisation acceptable dans les pays en voie de développement, à l’image du Mali.

En dépit de leurs conditions de vie précaires, nombreux sont les Africains qui comprennent de plus en plus qu’envoyer les enfants à l’école est un impératif du moment. Mais rares sont ceux ont la présence d’esprit de faire accompagner cette exhortation politique, civile, associative, nationale et internationale qu’est la sensibilisation sur l’appropriation des méthodes contraceptives modernes.

VANE est déçu de ce décalage. Le chauffeur de taxi quinquagénaire, a à peine achevé le premier cycle fondamental. Mais si l’école ne lui a pas réussi, il ne peut en dire autant de sa fécondité. 11 enfants portent déjà son nom. Une progéniture abondante qui fait retrouver le sens des réalités à VANE. « L’école, c’est un investissement à long terme. Si ton enfant ne va pas loin dans les études aujourd’hui, son avenir est compromis. C’est regrettable. Il y a beaucoup de chances que mes enfants finissent comme moi. Je ne pourrai pas supporter les études supérieures de mon aîné. Qu’adviendra-t-il du reste avec la cherté de l’école et de la vie ? Si je vous dis à quel âge j’ai appris qu’on place des choses aux femmes pour qu’elles ne fassent pas beaucoup d’enfants, vous n’allez pas me croire. » Pour VANE, modérer son désir de procréer est tributaire des mécanismes mis en œuvre pour faire partager l’information aux populations à la base.

Il rejoint ainsi la Représentante Spéciale de l’Union Africaine en Côte-d’Ivoire. Joséphine Charlotte Mayuma Kala a opiné, le 24 aout 2019, sur le texte d’orientation que l’institution a fait adopter en 2017 aux Etats visant à encourager toutes politiques incitatives du dividende démographique.

Dans une interview accordée au Podcast-journal, elle affirmait : « les États ne prennent pas encore conscience de la portée des services que pourraient donner aux couples toutes les informations leur permettant de contrôler les naissances. En somme, les solutions doivent venir de tous et de chacun ».

En appelant à un changement de paradigmes, l’interviewée réprouve l’inefficacité des canaux de sensibilisation de divers rangs qui pèchent en ne faisant systématiquement pas le lien lors des campagnes. En 2065, l’Afrique comptera 3 milliards d’habitants, selon le Fonds des Nations-Unies pour la population (FNUAP). La planète épuise déjà ses réserves avec un changement climatique préoccupant. Le contrôle des naissances devient alors impérieux.

La surnatalité : un frein à l’aboutissement des politiques publiques
Dans les grands objectifs chiffrés du Plan national de développement 2018-2025, le Mali envisage faire passer le taux d’achèvement du premier cycle fondamental de 45 % à 70 % et celui du second cycle, de 28 % à 45 %.

Avec la pauvreté qui a passé de 36,2% en 2011 à 40,1% en 2015, ces ambitions vont au-delà de la scolarisation et se veulent des passerelles vers la concrétisation d’autres politiques publiques. L’argument ne manque pas de pertinence. Si les campagnes de sensibilisation à la scolarisation ne promeuvent pas des stratégies interdépendantes comme la nécessité pour les ménages déshérités d’avoir recours à la planification familiale (PF), avec bien sûr la batterie de mesures sociales gouvernementales qui va avec dans l’optique de maintenir le cap, on aura tout faussé.

Paul Y. N’GUESSAN

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