Bonbonne de gaz : la nouvelle réglementation fait grincer des dents

L’application de l’Arrêté interministériel de 2015 fixant les conditions d’ouverture et d’exploitation des centres emplisseurs de gaz et pétrole liquéfié (GPL) en République du Mali fait grincer des dents.

En effet, les dispositions de l’article 16 dudit Arrêté interdit formellement aux centres emplisseurs d’admettre, stoker et de procéder à l’emplissage des bouteilles autres que sa propre marque.

Cette mesure est durement ressentie par les consommateurs qui n’auront d’autres alternatives que l’utilisation du bois de chauffe de nos jours, non seulement cher, mais également très préjudiciable à l’environnement.

Selon les responsables de la DRCCC (Direction régionale du commerce, de la concurrence et de la consommation), l’objectif de cette mesure est de lutter contre les pratiques commerciales frauduleuses et la concurrence déloyale. Toute chose, expliquent-ils, qui passe par l’interdiction de la recharge des bouteilles d’autrui au niveau des centres remplisseurs.

C’est dire que désormais chaque Centre emplisseur doit s’occuper de sa propre marque. Ainsi, il s’agit à travers l’application de cette mesure de retirer les bouteilles étrangères du circuit de distribution de gaz domestique tout en permettant de vérifier le poids du gaz contenu dans les bonbonnes qui est fixé à 6 kg.

Cette restriction donne du souci à certains consommateurs de gaz, notamment ceux qui possèdent les bouteilles de gaz appartenant au centre de recharge Total, Shell, Fouta gaz, Sere gaz ainsi que toutes les bonbonnes provenant de l’étranger.

Pour Malick, détenteur de la marque Total : « Si les bouteilles étrangères devaient être retirées, il va falloir les remplacer par les bouteilles de chez nous, car nous avons acheté ces bouteilles ici. Mais, alors qui va nous rembourser ? Moi je ne peux pas aller recharger ma bouteille, car si j’y vais, ils vont me retirer ma bouteille, sans mesure d’accompagnement », s’insurge-t-il.

Il est à noter que la consommation annuelle du gaz au Mali est estimée environ à 19 000 tonnes de bouteilles, toutes catégories confondues. Quant à la limitation de l’enveloppe allouée à la subvention du gaz au Mali, elle est de 5 milliards FCFA. Ce qui fait que 85% des Maliens n’ont pas accès à ce produit dont l’objectif fondamental de sa subvention est la protection des forêts qui souffrent actuellement d’un prélèvement de 6 millions de tonnes de bois par ans.

Andiè Adama DARA

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