Economie : le Mali fait partie des 24 pays en voie de surendettement

La Coalition des Alternatives Africaines Dette et Développement (CAD-Mali) a organisé, le mardi 05 novembre 2019, une conférence-débats, à son siège à Djélibougou, pour commémorer la Semaine d’actions de lutte contre la dette et le financement des microcrédits, qui est célébrée chaque année. Le thème central de cette édition était : « décrier les effets néfastes de la dette en Afrique ». C’était en présence du Secrétaire permanant de CAD-Mali, Bouroulaye Bagayogo et Korotoumou Traoré, Coordinatrice de programme à la CAD Mali.

Selon le Secrétaire permanent Bouroulaye Bagayogo, actuellement 122 pays en voie de développement en Asie, Afrique, Europe de l’Est et Amérique latine sont endettés de manière critique. Quant aux pays africains, la dette extérieure publique inquiète. Entre 2000 et 2017, la dette extérieure publique des pays du Sud a doublé, passant de 1 300 à 2 630 milliards de $US.  « En mai 2019, selon le FMI, parmi les pays à faible revenu, 7 sont en situation de surendettement et 24 en position de l’être, soit 37% d’entre eux, dont le Mali fait partie. Les pays en cessation de paiement sont : l’Érythrée, la Somalie, le Soudan, le Zimbabwe, l’Angola, la Gambie, le Mozambique, la Zambie, le Soudan du Sud », rapporte-t-il.

A son avis, cette situation prouve l’incapacité et de l’absence de volonté des Institutions financières internationales (IFI) à répondre efficacement et durablement au surendettement. La preuve, souligne-t-il, la moitié de ces 31 pays ont appliqué à la lettre les politiques d’ajustement de l’initiative PPTE, lancée par le G7 en 1996.

« Depuis 2010, la part des remboursements de la dette extérieure publique des pays du Sud, par rapport à leurs recettes totales, a augmenté de 85% et culmine à un niveau moyen de 12,2% des recettes publiques des États, soit le plus haut niveau atteint depuis 2004 », a-t-il indiqué. A l’en croire, cet endettement n’est pas sans conséquence. L’explosion du nombre de chômeurs et de personnes sous-alimentées ; la réduction de l’Aide publique au développement (APD), la dégradation des services essentiels (santé, éducation, eau, etc.).

Toutes ses actions, a-t-il dénoncé, entravent le développement et rendent nos pays sous la domination occidentale à travers les institutions financières.

Par ailleurs, M. Bagayogo a profité de l’occasion pour exprimer le soutien total de la CAD-Mali aux actions du ministre de la Justice dans sa lutte contre la corruption et la délinquance financière.

Dans la même dynamique, CAD-Mali, par la voix de son Secrétaire permanent, demande un audit intégral de la dette extérieure du Mali avec une participation citoyenne active pour l’annulation des parties illégitimes, illégales, odieuses et insoutenables …

Quant à la Coordinatrice de programme à la CAD-Mali, Korotoumou Traoré, elle a indiqué que les microcrédits ont été mis en place par les systèmes financiers internationaux pour affaiblir, dépouiller les populations, notamment les femmes de leurs biens.

« Ces institutions financières ont contrarié certaines femmes maliennes à la migration ; d’autres ont même été emprisonnées. Face à ce constat macabre, la CAD-Mali incite les femmes à mettre en place les caisses d’épargne et de crédit dont l’initiative et la gestion leur incomberont », suggère-t-elle. Avant d’ajouter que le microcrédit ne peut porter ses fruits que s’il est accompagné de formations de qualité.

Retenons que depuis plus de 20 ans, les membres de la CAD-Mali se mobilisent pour éveiller la conscience de la population et des autorités contre l’endettement dont les conséquences sont désastreuses pour le développement des pays africains en général et le Mali en particulier.                                                                                                                                               

 S.K. KONE

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