Handicapé visuel : Comprendre sa mobilité et son activité journalière

Si le Braille permettant une appropriation autonome du texte écrit, est le medium de communication des aveugles ou malvoyants, se déplacer et s’orienter sans voir constituent un travail de perception pointue et un engagement méthodologique pluridisciplinaire.

La personne aveugle ou handicapée visuelle, lors de son déplacement est amenée à gérer l’espace obstacle, la zone de capture, et le centre des explorations et des déplacements, indique Rachel Thomas, dans son rapport de recherche sur la Mobilité urbaine de personnes aveugles et malvoyantes.

Selon Siaka DIABATE, Coordinateur de l’Institut national des Aveugles du Mali, pour mener une activité de vie journalière, un enfant en situation de handicap doit avoir une ouïe et un odorat très performants : «Quand tout de suite, quelqu’un qui veut sortir par la porte, mais il n’est pas habitué, il va tâtonner un peu pour aller.

Pour ne pas se buter à un obstacle, il est obligé d’être prudent et de mettre la main devant le front, en le bloquant un tout petit peu pour que lorsque la main va buter l’obstacle qu’elle devienne comme un amortisseur. S’il veut se déplacer, et qu’il se trouve en face d’une flaque d’eau, avec la canne blanche, il peut la mettre en mouvement rotatif devant à environ 45° en se déplaçant. ».

Se déplacer sans voir, exige une grande concentration. Il nécessite une grande écoute, une sensation des vibrations au sol avec ou sans canne.

« Pour la femme qui veut mettre la marmite sur le feu, il faut, par précaution, qu’elle sache si elle a bien placé son fourneau avant de mettre le feu. Lorsqu’il y a le feu, il faudrait, avec l’effet de la température sur la pomme de la main, poser doucement la marmite. C’est dire que le handicapé visuel est plus sensible au toucher. C’est pourquoi, les tous petits apprennent à manipuler l’argile avec une dextérité des doigts.»

Il convient de noter que la stratégie du déplacement constitue des modes d’orientation des personnes handicapées visuelles ou malvoyantes et révèle le mécanisme cognitif de l’être humain durant ses mouvements quotidiens.

Andiè Adama DARA

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