Instruments de musique traditionnelle : résistance à la modernité

Le Mali, ce beau pays de l’Afrique occidentale, compte une diversité d’ethnies, de cultures, de langues, de styles vestimentaires, musicaux et culinaires. En effet, le Mali est un pays riche en instruments de musique traditionnelle. Chaque région ou ethnie a ses instruments de musique qui leur sont spécifiques.

L’usage de ces instruments traditionnels de musique est un atout que plusieurs artistes ont pu mettre en valeur et se sont ainsi hissés sur la scène internationale. Exemple : la Cora légendaire qui a toujours fait la fierté malienne.

Le Mali se vante de sa culture qui est l’une des richesses et dont la valeur est inestimable. La culture, à travers la promotion des instruments traditionnels de musique, lui a conféré une place de choix dans le monde. Ainsi face à la modernité, nombreux sont ceux qui ignorent la portée et la place des instruments traditionnels de musique qui commencent à disparaître.

Pour en savoir davantage, nous avons été à la rencontre de Kardjigué Laico Traoré, artiste malien et Moussa Diakité, directeur artistique de l’emblématique Ensemble instrumental du Mali, professeur de Musique à l’Institut national des Arts (INA) de Bamako L’INA nous font le point.

Une double facette :

La jeune génération de musiciens porte peu d’intérêt pour les instruments de musique traditionnelle. La preuve : au Mali, beaucoup de jeunes artistes se dirigent plus sur le Rap, et les chansons d’amour, très peu s’intéressent à la musique traditionnelle, et se sentent complexés devant le style occidental.

« C’est au Mali que nos instruments traditionnels de musique ont tendance à être délaissés. Sinon, ils sont mis en valeur ailleurs, hors de notre pays. A l’extérieur, ses instruments sont adorés, choyés, bien aimés et appréciés. Nous qui les avons ici, nous les laissons tomber au profil de la modernité », déplore Kardjigué Laico Traoré, artiste.

En tout cas, il a vivement insisté sur l’aspect de la mise en valeur de ses instruments traditionnels de musique, notamment leur enseignement à l’INA et au Conservatoire Multimédia Bala Fasséké. «Nous avons sacrifié le vrai au profil du beau », dira-t-il. .

Par ailleurs, reconnaissent les professionnels de la musique, pour avoir accès à l’extérieur, il faut utiliser les instruments traditionnels de musique : « Tu ne peux jouer la guitare ou du piano convenablement devant un Français et le convaincre. Même si tu le fais, il faut que tu transformes le style de ton clavier en celui du balafon», nous à expliquer Moussa Diakité, professeur de musique.

Ainsi quoi qu’on dise ou qu’on fasse, les instruments traditionnels ont leur place à l’extérieur et face à la modernité. La preuve, pratiquement tous nos musiciens de renommée, notamment Aly Farka Touré, Toumani Diabaté, Oumou Sangaré, Bassékou Kouyaté, Salif Keita, Néba Solo, etc.), ont percé grâce à nos instruments traditionnels de musique.

« Jouer avec les instruments modernes, ne veux pas dire faire de la musique moderne », insiste-t-il.

L’aspect sur lequel M Diakité a mis l’accent c’est surtout l’exportation de l’artiste. De même, le directeur artistique de l’Ensemble instrumental national déplore une insuffisance des ressources financières, car il existe divers instruments traditionnels, mais les personnes aptes à les jouer ne sont pas de la capitale. Pour les faire venir à Bamako, cela nécessite d’énormes dépenses financières.

Les modèles de réussite :

Salif Keita, Oumou Sangaré, Néba solo, Habib Koité, l’Ensemble instrumental national du Mali pour ne citer que cela, sont là des artistes ou groupes mythiques qui ont su exporter la culture malienne et faire vibrer le Mali sur la scène internationale.

Et ce n’est un secret pour personne, ils sont toujours sur la scène nationale et internationale. Ces artistes et groupes utilisent toujours nos instruments de musique traditionnelle, tels que le kamalen Ngoni, le tamani, le Djembé, le Ngoni, la flute traditionnelle, le balafon, la guitare traditionnelle, la Kora, le taman, la calebasse, etc.

Les instruments de musique traditionnelle ont depuis fort longtemps donné leurs emprunts à la culture malienne. L’hymne national du Mali provient du son de ngoni de Bazoumana Sissoko, appelé « le vieux lion », celui-là à qui on a donné le nom à la grande salle de spectacle du Palais de la culture, Amadou Hampaté BA.

Il faut valoriser nos instruments de musique traditionnelle, conseillent nos interlocuteurs. Pour ce faire, il faut les enseigner pleinement dans nos écoles, avant qu’il ne soit trop tard. Car il existe au Mali très peu de personnes qui ont des diplômes supérieurs pour assurer la relève dans ce domaine et pourtant très porteur.

Assitan Siga FADIGA

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