KORIENTZE : difficile cohabitation des populations avec les djihadistes

A Korientzé, une localité située à quelques 150 km au nord de Mopti, et à 65 km de la ville de Konna, les populations sont obligées de croiser des djihadistes, et même d’épouser leur mode de vie, qui s’est tristement soldé par l’enlèvement de 5 enseignants, il y a un mois, avant d’être relâchés quelques jours plus tard.

Un mariage forcé pour les populations, témoigne un habitant de la zone : « Ils viennent régulièrement au marché faire leurs approvisionnements. Ils font leurs achats au marché à moto, puis ils retournent, dans leurs cachettes», raconte B.T, un vieux de 63 ans, qui habite dans le village de Goulombo, dans la commune rurale de Korombana. Et nombreux sont ceux qui se demandent d’où viennent ces gens-là, et où repartent-ils?

« Armés, ils se déplacent à moto souvent », ajoute-t-il, tout en précisant que ces hommes changent fréquemment de moyens de déplacement, sauf que cela n’empêche pas les populations locales de les identifier : « Ils peuvent passer quelques temps dans notre village. Et souvent, Ils se déplacent à bord des pirogues ou en pinasses pendant la crue», détaille notre interlocuteur.

La présence des FAMA se fait ressentir à Korientzé qui était la seule localité de la zone où les élèves continuaient à recevoir des cours. D’ailleurs, après plusieurs avertissements, les terroristes se sont attaqués aux enseignants, au mois d’Octobre dernier. Et depuis l’école est fermée.

Le problème, raconte notre interlocuteur, est qu’il est difficile de collaborer avec nos forces armées et de sécurité qui font des descentes inopinées dans la zone ou en cas d’attaques, comme le jour où ils ont enlevé les enseignants.

« Ils viennent ici et à Korientzé. Même si les populations les indiquent, dès fois, nos militaires arrêtent certaines personnes et les amènent pour, soutiennent-ils, les besoins d’enquêtes. Le plus souvent, pour défaut de preuves suffisantes indiquant des rapports entre ces individus soupçonnés et les terroristes ou djihadistes, ils les relâchent », déplorent les populations locales qui craignent que: « ces personnes, une fois libérée, reviennent nous attaquer ou tuer » raconte-t-il.

Ainsi, les populations de Korientzé et environs, sans le vouloir, sont obligées de cohabiter avec ces terroristes, à travers un contrat qui a pour nom : « tais-toi, je t’épargne ! », au moment où elles ont plus jamais besoin de la présence permanente de nos forces armées et de sécurité dans toute la zone, pour non seulement poursuivre le développement intégral de la commune, mais également rétablir le climat de confiance et de quiétude des populations.  En tout cas, une chose est sûre : ces terroristes ne développent jamais une localité. Pour preuve : ils ne construisent pas une mosquée ou une médersa, ni un centre de santé, encore moins aménager une route.

Ousmane Tangara

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