La revanche d’un plaqué de la Saint-Sylvestre

A Bamako, les fêtes de fin d’année sont des événements uniques, surtout celui du 31 décembre. Les jeunes, principalement les filles ont un intérêt particulier pour cette occasion. Ce qui fait que tous les moyens sont jugés bons pour paraître la plus belle aux yeux de son amoureux. Alors beaucoup d’entre elles n’hésitent pas à prendre de l’argent auprès des plus offrants pour se faire belle. Cependant cette petite manipulation tourne parfois au vinaigre. En effet, il n’est pas rare de voir le portrait de la princesse refait par un « toto berné ».

Nous sommes à Faladjè, un lendemain de 31 décembre. Il est environ 13h. Le quartier semble calme et apaisé. Car à cette heure de la journée, surtout au premier jour de l’année, férié, une torpeur règne sur tout le monde. On prend du temps à se refaire l’énergie dépensée la veille. C’est alors que tout d’un coup, un cri strident traversant le ciel, fait sursauter tout le monde, du réveil brutalement ceux qui sont encore dans un demi sommeil.

On croyait à un décès dans une famille, quand la nature des cris précise au moins de quoi il s’agit : « Au secours, au secours, il va me tuer. » sont les mots qu’on pouvait entendre au-delà des cris et gémissements. La panique passée, les habitants, les plus courageux, assistés par les plus curieux sortirent de leur maison pour venir voir ce qui se passait. Ils tombèrent alors sur une scène drôle et violente. Un jeune homme était assis sur la tête d’une belle demoiselle. Il lui rasait le crâne ! « Je vais te donner la leçon de ta vie. Tu ne vas plus jamais escroquer un homme», criait-t-il. Coup de poing, coup de pied. C’est dans un état vraiment piteux que la demoiselle sera arrachée des mains de sa victime-agresseur par les secouristes et les curieux. Tous avaient compris ce qui venait de se passer. Au fait, la jeune demoiselle venait de se faire prendre par son « toto berné ».

Face à la situation, les secouristes et les curieux se divisèrent en deux camps : tous les hommes étaient pour le « toto berné » et le félicitaient presque, tandis que les demoiselles le traitaient de sauvage.

« J’ai tout financé, de la coiffure aux chaussures et c’est comme ça que tu me remercies ? En me plaquant pour un autre le soir du 31 », martelait le jeune homme.

La jeune fille, quant à elle, s’est immédiatement enfuie dès qu’elle a été délivrée de son bourreau. Pendant que le jeune homme jurait de ne pas en rester là.

Conclusion, ce n’est pas tous les totos bernés qui pardonnent dèh ! Alors mesdemoiselles, soyez prudente dans vos choix, ou bien restez tout simplement à la maison, si vous n’avez pas les moyens.

Soumba DIABATE (Stagiaire)

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