Le Mali : « Ce grand corps malade » !

Les contestations ou manifestations de la ‘’rue publique’’ contre la République s’intensifient à longueur de journée à Bamako et dans les autres grandes villes du pays. Qu’ils soient au grin, dans les marchés, au bureau, ou dans les véhicules de transports, les Maliens sont entre deux feux : le terrorisme et son corollaire d’insécurité, malgré la présence des forces étrangères ; et celui de la mauvaise gouvernance, caractérisée par la corruption, le détournement de deniers publics et l’impunité. Ce qui est sûr, il ne fait l’ombre d’aucun doute que les Maliens sont fâchés, mais contre qui ?

De l’éducation, à la santé, en passant par le transport, le sport, la culture, la politique, l’économie, et la sécurité, dans aucun de ces secteurs, on ne peut lire une lueur d’espoir, car la déception est totale et la responsabilité collective.

En effet, les protestations se multiplient dans notre pays autant elles se ressemblent. Le combat pour la cause commune ne doit être mené par émotion, ni par obligation (argent), mais par devoir patriotique et civique. On ne peut organiser des manifestations sensées défendre nos forces armées et de sécurité, sans être organisé. La preuve : deux marches de soutiens ont été initiés par deux organisations (société civile et politique) dans moins de 48 heures d’intervalles, pour la même cause et au même endroit. Alors où est le sérieux ?

Si les premiers (Opposition) demandent l’interpellation de tous ceux qui sont impliqués dans l’achat des équipements militaires, ayant fait l’objet de malversations financières ; les seconds, les religieux, eux s’en prennent surtout aux forces étrangères dont la présence aux côtés des militaires maliens «n’aurait rien servi, au regard de l’atrocité et de la recrudescence des attaques terroristes contre les populations civiles et militaires du Mali».

Ces manifestations sont organisées, quelques jours seulement, après l’appel du Chef de l’Etat à l’union sacrée des Maliens pour un dialogue national inclusif et un soutien collectif de nos forces armées et de sécurité.  En effet, le Mali est devenu « ce grand corps malade » de la tête au pied, qui a besoin d’un traitement de choc pour se relever. Car le mal est non seulement profond, mais s’est généralisé dans tous les compartiments,

La corruption perdure et pour cause, la mauvaise gouvernance. L’humeur populaire qui plane sur le pays remet en cause tout un système social, marqué par une démission collective des parents et des autorités publiques.

En tout cas, il faut prendre le taureau par les cornes. En sachant que ces divergences ne feront que renforcer la crise. Aussi, les Maliens doivent avoir la conviction que personne d’autre ne viendrait faire notre pays à leur place.

Les Rapports successifs des Organisations internationales et déclarations des responsables européens annonçant de grands progrès, au moment où nos populations civiles et militaires subissent au quotidien les affres des attaques terroristes, doivent faire comprendre à nos compatriotes qu’on ne parle pas du même Mali, car il n’est un secret pour personne, il y a bien anguille sous roche. Et il revient aux Maliens de se ressaisir pour venir au secours de ce «grand corps malade» qu’est le Mali. A défaut, ils risqueront  de le perdre, que Dieu nous en garde !

Andiè Adama DARA

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