Le saignement du nez : Comment le guérir ?

Le saignement du nez est connu en médecine sous le nom d’épistaxis qui dérive du grec ancien. Il s’agit d’un saignement dont l’origine se trouve au niveau des fosses nasales, des sinus ou du cavum qui s’exorcise soit par les narines ou soit par la bouche. Il est appelé épistaxis antérieure, lorsque le saignement est au niveau des narines. Par contre quand le saignement est au niveau de la bouche, on appelle épistaxis postérieure.  

En effet, l’épistaxis est l’un des symptômes les plus fréquents parmi les urgences en ORL, et peut être révélatrice de cancer. Un phénomène courant qui, dans la grande majorité des cas, est sans gravité.

Pour savoir davantage sur le saignement du nez, notamment comment s’y prendre, et la situation de la maladie, nous avons rencontré Dr Youssouf Sidibé, médecin spécialiste en ORL et Allergologue à l’hôpital Mère-Enfant « Le Luxembourg » de Bamako.

Selon Dr Youssouf Sidibé, de septembre 2018 à septembre 2019, l’hôpital Luxembourg a enregistré 118 cas de saignement de nez, soit 1,93% des consultations, dont 1 cas de décès dans un tableau d’insuffisance rénale.

Aussi, a-t-il fait savoir, la plupart de ces saignements sont provoqués par la rupture d’un vaisseau de la muqueuse nasale dans la partie antéro-inferieure du nez. Dans les autres cas, provoqués par une maladie ou un médicament, il vient de la partie postérieure du nez.

« Même s’il est parfois difficile d’identifier la cause de ce type de saignements, les plus fréquentes sont liées à un traumatisme, un mouchage trop énergique du nez, un rhume, certaines maladies qui touchent la circulation sanguine, les produits chimiques qui irritent la muqueuse nasale et certains médicaments. J’invite surtout à s’inquiéter, lorsqu’il existe des facteurs défavorisant, tels que : l’âge supérieur à 70 ans, l’existence de tare associée, de trouble de l’hémostase, d’hypertension artérielle et la durée de l’épisode hémorragique a-t-il précisé.

Par ailleurs, souligne notre spécialiste, la forte pollution atmosphérique engendre une augmentation du nombre de rhinites, d’inflammation des fosses nasales et déclenche plus de saignements.

Ainsi, a rappelé Dr Youssouf Sidibé, depuis quelques années, les ORL, les pneumologues et les allergologues ne cessent d’alerter sur l’aggravation des pathologies respiratoires causées par la pollution.

L’écoulement du sang, indique notre interlocuteur, peut se faire souvent d’une seule narine et en goutte à goutte.

« Pour arrêter l’hémorragie, il faut s’asseoir en position demi assise, la tête penchée en avant et la bouche ouverte et se moucher pour évacuer le ou les caillots de sang qui pourraient alors passer dans les voies digestives, et peut provoquer alors des vomissements », précise-t-il.

Pour le traitement, il invite le patient de faire une compression bi-digitale. Il s’agit de pincer le nez entre le pouce et l’index pendant 5 à 10 minutes. Et si malgré tout, le saignement ne s’arrête pas au bout de 10 minutes, et qu’il devient abondant ou fréquent, alors il faut consultez un médecin, prévient-il. A défaut fait recours si possible aux médicaments appropriés.

Dr Sidibé termine par ces conseils : « ne pas trainer avec l’épistaxis. Il ne faut pas se dire que ce n’est pas grave. Enfin, il demande aux agents de santé dans les CSRef et CSCOM d’envoyer les cas graves vers les médecins spécialisés en vue d’une prise en charge adéquate.

Fatoumata Koita

Soyez le premier à commenter

Poster un Commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée.


*