Le sunnite et le vieillard

Dans la circulation, il y a toujours ceux qui sortent de chez eux déjà énervé, et ne ratent pas d’occasion pour se défouler sur tous ceux qui croisent leur regard.

Il y a également ceux qui, quel que soit leur engin, se prennent pour un cortège officiel et ne supportent pas de voir devant eux un autre usager de la route. A coups de klaxons et d’invectives, ils effraient des passages.

Le mardi dernier, tôt le matin, un jeune, dont l’accoutrement laisse à deviner qu’il est Wahabia (Sunnite) s’est fait remarquer, non loin de la gare routière de Sogoninko.

La barbichette bien en vue et bien entretenue, le front légèrement noir, un turban, le pantalon s’arrêtant au nu dessous des genoux. Il patientait comme beaucoup d’autres usagers de la circulation au feu.

En cet endroit, les policiers, souvent excédés ou fatigués, laissent les usagers se débrouiller. Ce qui ne va pas justement sans des injures, et mêmes des coups de poings.

Ce mardi donc, subitement, il y a eu coupure de courant. Par conséquent, les feux tricolores se sont éteints. Et comme, il fallait s’y attendre, tout le monde a démarré à la fois. Dans ce mouvement collectif, le boubou de notre jeune Wahabia a accroché le guidon d’un vieux, également à côté de lui également, à moto. Celui-ci a eu le malheur de lui dire de faire doucement. Il se mit à l’abreuver d’injures, les unes plus grossières que les autres.

Le jeune sunnite pris le silence du vieux, certainement pour une peur, ou ne supporta pas le dédain, en tout cas, il finit par garer sa moto et se ruer sur le vieux.

En moins de temps qu’il ne faut pour le dire, celui-ci lui administra une gifle qui l’envoya au sol. Avec la même promptitude qu’il s’était rué sur le vieux, il fila sur sa moto et disparu, avant que les uns et les autres ne comprennent ce qui lui vient d’arriver.

Soumba Diabaté (Stagiaire)

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