Lutte contre la corruption : Boubacar Sidick Diallo apprécie

Le président de l’Association Kewaleton, Boubacar Sidick Diallo, s’est prononcé le jeudi 30 octobre 2019, sur l’état des lieux de la lutte contre la corruption sous le régime IBK. Dans son intervention, il trouve qu’il y a un effort louable qui se fait actuellement par les gouvernants en matière de lutte contre la corruption. Mais que beaucoup reste à faire, et qu’il faudra une réelle volonté politique pour lutter contre ce fléau.

Contrairement à beaucoup de Maliens qui taxent systématiquement de « sélectives » les différentes actions engagées par le régime actuel en matière de lutte contre la corruption, Boubacar Sidick Diallo de l’association Kewaleton trouve que c’est un début qu’il faut encourager.

«La corruption est un mal, une gangrène nuisible pour nos pays. En Afrique, rien ne se fait gratuitement si bien que la corruption est érigée en système. Au Mali, la pratique de corruption a toujours existé et au cours de ces dernières années, elle s’est amplifiée et est devenue une réalité qui mine la vie politique,  économique et sociale du pays », soutient-il.

Selon Diallo, le contexte politique malien favorise la corruption en ce sens que ceux qui s’y adonnent savent qu’ils n’encourent aucun risque. C’est l’exemple du policier ou du fonctionnaire qui accepte de prendre 200 FCFA à un individu en infraction ; il sait qu’en fin de journée, il aura accumulé une fortune facilement.

Il sait également qu’en le faisant, il ne sera pas inquiété et l’autre paie parce qu’on lui dira que c’est la procédure habituelle due au fait que le citoyen méconnaît ses droits et ses devoirs.

« Le petit fonctionnaire ou l’agent de police ne prend pas l’argent seulement parce qu’il sait qu’il ne sera pas inquiété, mais, il le prend parce qu’il a faim et celui qui donne également l’argent sait cela: quand on a faim, on est prêt à accepter les bassesses de l’autre pour trouver de quoi manger. Cette situation est devenue courant au Mali ; et on ne se rend même pas compte que c’est une forme de corruption, tout le monde y trouvant son compte », explique-t-il. Avant de poursuivre :

«Au niveau de la classe dirigeante, la situation est plus que dramatique, car c’est la course au trésor, au gain facile parce que cette classe pense être au-dessus des lois et surtout parce que l’appareil judiciaire leur est intrinsèquement lié. Bref, c’est à cause de l’impunité érigée en règle de gouvernance au Mali que d’autres pensent que tout leur est permis. Une autre approche de la corruption s’explique chez nous par l’affinité et l’intimité. En réalité, les services se rendent par affinité et par intimité», déplore-t-il.

L’espoir suscité chez bon nombre de nos compatriotes, avec l’élection du Président IBK en 2013, pour un Mali nouveau (bonne gouvernance) a été d’une courte durée. La preuve: de nombreux scandales financiers ont éclatés sans les fautifs ne soient incommodés. Pour tout simplement dire que malgré les nombreuses structures de contrôles et de sanctions, la lutte anti-corruption et la mauvaise gouvernance sont loin de satisfaire les attentes des Maliens. Cependant, les mandats de dépôts décernent à certains gros calibres sonnent comme la fin de l’impunité et du détournement des deniers publics.

Selon le président de Kewaleton, le pays possède un arsenal juridico-juridictionnel impressionnant en matière de lutte contre la corruption. Mais, il manque une application ferme et rigoureuse de ces textes.

Pour lui, il faut aller au-delà des buzz médiatique sur les présumées personnes arrêtées ; mais traquer tous les fossoyeurs de deniers publics de la République, afin de donner confiance aux partenaires et probables investisseurs qui veulent investir au Mali. Car Boubacar Sidick Diallo, est convaincu qu’on ne saurait parler de développement, encore moins d’émergence dans un pays, sans une économie saine, sans une conduite transparente des affaires.

Paul Y. N’GUESSAN

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