Malnutrition infantile : L’Unicef tire sur la sonnette d’alarme

La malnutrition infantile est en train de prendre des proportions inquiétantes dans le monde. En effet, le tout dernier Rapport de l’Unicef livre l’évaluation la plus complète du phénomène à ce jour et exhorte les acteurs à tous les niveaux à changer d’approche de lutte.

Dans son nouveau Rapport sur « les enfants, la nourriture et la nutrition », l’Unicef attire l’attention sur ce phénomène qui nuit à la santé des enfants. Le document décrit le triple fardeau de la malnutrition, à savoir : la dénutrition, la faim insoupçonnée induite par des carences en nutriments essentiels et le surpoids que subissent les enfants de moins de 5 ans.

Les données sont alarmantes : «Un enfant de moins de 5 ans sur trois souffre de malnutrition ; deux enfants de moins de 2 ans sur trois s’alimentent mal ; 149 millions d’enfants présentent un retard de croissance ou sont trop petits pour leur âge ; 50 millions d’enfants souffrent d’émaciation ou sont trop maigres pour leur taille ; 340 millions d’enfants, soit un enfant sur deux, souffrent de carences en vitamines et en nutriments essentiels, tels que la vitamine A et le fer et 40 millions d’enfants sont en surpoids ou obèses », indique le Rapport.

S’agissant de la malnutrition aigüe, 7% des enfants de moins de 5 ans sont touchés au Mali.
L’Unicef indexe le mauvais régime alimentaire des enfants comme l’une des principales causes du phénomène.

« Un nombre trop élevé d’enfants subissent les conséquences d’une mauvaise alimentation et d’un système alimentaire qui ne tient pas compte de leurs besoins », relève l’institution onusienne.
«Au moins un enfant de moins de 5 ans sur trois, soit plus de 200 millions d’enfants, souffrent de dénutrition ou de surpoids dans le monde. Près de deux enfants âgés de 6 mois à 2 ans sur trois ne consomment pas d’aliments capables de soutenir la croissance rapide de leur corps et de leur cerveau », déplore-t-elle.

Les conséquences sur la santé et la vie des victimes sont énormes. Selon l’Unicef, « cette situation est susceptible d’entraver leur développement cérébral, nuire à leur apprentissage et affaiblir leur système immunitaire. Elle augmente les risques d’infections et, dans de nombreux cas, de décès ».
Inquiète face à l’ampleur du phénomène, la Directrice générale de l’Unicef, Henrietta H Fore, reconnaît que les efforts des acteurs ces dernières années sont mitigés.

«Nous perdons du terrain dans notre combat pour instaurer des régimes alimentaires sains, malgré toutes les avancées technologiques, culturelles et sociales des dernières décennies, nous avons perdu de vue l’essentiel : les enfants qui mangent mal, vivent mal. Des millions d’enfants ont une mauvaise alimentation pour la simple raison qu’ils n’ont pas d’autre choix », se désole-t-elle.

Faire évoluer les regards

Pour elle, les regards sur la malnutrition et la manière dont elle est traitée doivent évoluer.

«L’enjeu n’est pas tant de donner aux enfants suffisamment de nourriture, mais de leur donner les bons aliments. Voilà le défi que nous devons tous à relever aujourd’hui », indique-t-elle.

C’est également l’approche d’un médecin nutritionniste malienne, pour qui, les besoins nutritionnels de l’enfant doivent être satisfaits avec les aliments complémentaires adéquats, sûrs, apportés au bon moment et correctement administrés.

De même, soutient-elle, la riposte ne doit pas être la seule affaire des acteurs de la lutte. Les parents doivent également veiller au grin. Cela passe par le respect de certaines pratiques essentielles en matière de l’alimentation et de la nutrition, car les mauvaises pratiques en matière d’alimentation commencent dès les premiers jours de vie de l’enfant.

Les problèmes de nutrition à savoir la mauvaise hygiène, la mauvaise protection contre les petites affections, qui empêchent l’organisme de valoriser l’aliment pour la vie, affectent le développement du cerveau et condamnent l’enfant pour la vie.

La rigueur des parents est sollicitée relativement aux soins à leur apporter. Là-dessus, Dr Soumaré, indique quelques conduites pour assurer une croissance harmonieuse de l’enfant. Elle présente le menu idéal pour les bébés. « On ne peut pas donner à un bébé de trois mois une bouillie non fluide. Entre six et neuf mois, c’est la bouillie moyenne et entre neuf et douze mois, la bouillie épaisse, parce qu’à partir de cet âge, l’enfant ne se rassasie pas vite », explique-t-elle.

Après cette phase, il faut assurer la transition vers les aliments de substitut dans les règles de l’art.

« On commence l’aliment de complément, à partir du moment où l’enfant lui-même manifeste l’envie de découvrir autre chose en matière de nourriture », préconise Dr Soumaré.
L’Unicef appelle les gouvernements, le secteur privé, les donateurs, les parents, les familles ainsi que les entreprises à aider les enfants à grandir sainement.

L’institution internationale les exhorte à « donner les moyens aux familles, aux enfants et aux jeunes de demander des aliments nutritifs, notamment en améliorant l’éducation à la nutrition et à encourager les fournisseurs de denrées alimentaires à agir dans l’intérêt des enfants, en les incitant à produire des aliments sains, pratiques et abordables ».

Paul Y. N’GUESSAN

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