Mariages précoces : quelles solutions ?

Le mariage précoce, ou mariage d’enfant, est une pratique qui consiste à donner en mariage un enfant qui n’est pas mur de corps ou d’esprit. En réalité, subir un mariage précoce, c’est être marié très jeune, contre son gré et avec une personne que l’on ne choisit pas. Ce qui n’est pas sans conséquences sur son épanouissement et le développement de ses aptitudes physiques et intellectuelles.

Chaque année, ce sont des milliers d’enfants (jeunes filles) à travers le monde, qui sont mariés avant l’âge de 18 ans, et même souvent avant 11 ans.

Il s’agit là d’un phénomène très répandu en Afrique subsaharienne. Selon les données de l’UNICEF, en 2014 : « parmi les 10 pays enregistrant le taux le plus de mariage d’enfant au monde, la moitié se situe dans 7 régions. Le Niger et le Mali sont les plus concernés avec une forte prévalence ».

Au Mali, notamment chez certaines ethnies comme les Soninké (Kayes), les Peuls (Mopti), le mariage précoce est une pratique ancestrale bien ancrée dans les habitudes.

Selon une enquête menée en 2010, par le Plan international Mali révélait : «le mariage d’enfant est plus fréquent dans la région de Kayes avec 27% de femmes mariées avant leur 15 ans et 74% de femmes mariées avant d’atteindre 18 ans, soit un taux global de prévalence de 73,60% contre 60,80% au niveau national ».

Cette pratique, bien qu’étant interdite par la constitution et le droit international, continue dans la société malienne. Cela s’explique par plusieurs raisons: La culture et la tradition, car dans la société malienne, l’honneur d’une femme se conçoit par la virginité et c’est pourquoi, beaucoup des parents donnent leurs filles en mariage avant l’âge de se marier pour éviter qu’elles ne les déshonorent, nous explique Lamine Diarra, étudiant en Sociologie.

Pour le jeune homme, d’autres parents donnent leurs filles en mariage e pour assurer leur sécurité.

Toutefois, reconnaît-il, ce sont des situations dans lesquelles, la jeune fille est exposée à des dangers tels que le harcèlement, l’agression physique ou sexuelle.

Les conséquences du mariage des enfants sont complexes. Pour gagner le combat contre ce fléau qui ronge notre équilibre social, Lamine Diarra estime qu’il faudra que les parents prennent conscience que c’est l’avenir de leur fille qui est en danger. Pour ce faire, des actions d’information et de sensibilisation doivent organiser par les organisations de la société civile.

Par ailleurs, soutient-il, la scolarisation et l’autonomisation des filles peuvent être aussi des solutions au mariage précoce. Pire, il préconise des sanctions plus rigoureuses à l’encontre des auteurs du mariage précoce.

Subir un mariage précoce, c’est être marié très jeune, contre son gré et avec une personne que l’on ne choisit pas.

Nous avons recueilli quelques propositions de solutions pour mettre fin au mariage précoce dans notre pays : Assa Gope Camara, Styliste : «L’idéal serait de sensibiliser auprès des parents et des autorités locales du danger du mariage précoce. Mener également des actions concrètes auprès des gouvernements pour décréter des lois contre le mariage précoce, afin que les jeunes filles aillent à l’école parce que leur place n’est pas à accomplir les tâches lourdes, mais d’étudier pour être des femmes épanouies de demain ».

Pour mettre fin aux mariages précoces, Hamadoun Sow, Ingénieur nous propose 2 solutions :

« Sensibiliser les actrices principales sur leurs droits en allant au contact direct afin qu’elles sachent comment le réclamer en pareille circonstance. Attirer l’attention des autorités politiques sur la gravité de la situation afin qu’elles renforcent les lois concernant la légalité du mariage, c’est à dire l’âge légal du mariage ».

Quant à Marie Dembélé, pharmacienne, elle estime que la pratique doit être structurée. Elle pense qu’il faut aller d’abord vers ces personnes-là, discuter avec les familles pour mieux comprendre. Ensuite, elle propose des campagnes de sensibilisation sur les dangers du mariage précoce. Enfin, Marie Dembélé préconise la promotion de l’éducation, car plus les gens auront accès à l’éducation plus ce genre de choses dans la société vont disparaître petit à petit.

Jérémie Joseph, Assistant de gestion Logistique à la mine de Syama, propose non seulement la sensibilisation des parents en milieux rural et urbain sur les problèmes liés au mariage précoce, mais aussi la création des centres d’apprentissage de métiers pour jeunes filles, afin de permettre à celles qui ne sont pas scolarisée de trouver un temps pour apprendre au lieu que leurs pensées se tournent vers le mariage.

Modibo Sacko, pour sa part, déclare qu’il y’a d’abord un problème de communication, de sensibilisation et d’éducation sociale. En effet, déplore-t-il, la question de mariage dans certaines ethnies ou familles est un sujet tabou, car liée à la culture.

Au fait, on trouve normal de donner sa fille en mariage très tôt ; car dans ces tribus « la femme ne sert qu’à ça, c’est-à-dire un objet corvéable et malléable à la guise de ses parents et de son mari qui ont le droit de décider de son sort », déplore cette femme mariée à l’âge de 16 ans sans son consentement.

Aujourd’hui, les conséquences du mariage précoce sur la jeune fille sont connues de tous: les maladies, la déscolarisation, les problèmes d’épanouissement et des aptitudes physiques et intellectuelles. Mieux, il est temps de démystifier le mariage précoce, censé être une bénédiction divine pour bon nombre de nos parents.

Fatoumata Koita

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