Réseaux sociaux : nouvelle colonisation des mentalités ?

Les portables Android révolutionnent au Mali à tel point que même les touts petits en possèdent. Cette dépendance à la technologie mérite un questionnement, surtout si l’on sait que l’attention des uns et des autres est attirée par les réseaux sociaux. Alors sommes-nous en train d’assister à nouvelle colonisation au Mali ?

 Lorsque Bell inventait le téléphone en 1875, Bell, il ne se doutait certainement pas qu’il allait être l’outil qu’il est aujourd’hui pour les jeunes Africains et Maliens en particulier : presqu’un produit de première nécessité !  70% des Maliens sont accro aux réseaux sociaux et cela même dans les zones rurales où l’accès à l’internet était quasi impossible, il a seulement 5 ans.

En effet, les réseaux sociaux font partie du quotidien des Maliens : celui qui fait la cuisine, va au restau, en balade, sur son lit d’hôpital, ou même au cimetière le fait savoir de toute sa communauté digitale. Ce nouveau phénomène s’explique par la révolution de la technologie. Que ce soit au travail, à l’école, à la maison, chacun est scotché à son Smartphone. Et certains en ont jusqu’à deux ou trois, voire même quatre, tous utilisés.

« Lorsque, je me réveille le matin, mon téléphone portable est la première chose à laquelle je touche avant même de sortir de mon lit. Je me connecte directement pour savoir ce qui se passe dans le monde, ce que disent mes amis et connaissances», confie Harouna Diallo juriste. Comme lui, beaucoup de Maliens sont ainsi dépendants de leurs Smartphones et affirment même qu’ils ne pourraient pas faire une journée sans aller sur les réseaux sociaux.

Sinaly Diarra, 3è âge, explique qu’il porte un intérêt particulier aux réseaux sociaux. « Bien qu’ils ne soient pas de ma génération, les réseaux sociaux ont créé en moi une addiction. J’y suis l’actualité. Lorsque j’entends parler d’un événement qui m’intrique, je sollicite l’aide de mon petit-fils », affirme-t-il.

Cependant, même les plus petits n’échappent pas à cette révolution : « Ma fille de 4 ans a un compte sur Snapchat et Instagram. J’alimente moi-même ses comptes par ses photos et vidéos. Elle a plus de 1 000 abonnés»,  témoigne Nana Diallo, une jeune maman.

En ce qui concerne les adolescents, leur cas est encore plus grave. On les appelle « la génération tête baissée », car rare sont les adolescents qui n’ont pas un compte sur Facebook, WhatsApp, Snapchat… et passent la majeure partie de leur temps connectés.

Ces mêmes réseaux sociaux sont également devenus des lieux de règlement de compte pour les uns et les autres. Ainsi les réseaux sociaux n’auraient-ils un pouvoir sur les Maliens ?

Soumba DIABATE (Stagiaire)

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