Télévisions et radios privées : l’autre équation de la crise malienne

Ces dix dernières années, beaucoup de radios et télévisions privées ont vu le jour au Mali. Si beaucoup parmi elles contribuent à tenir le flambeau d’une presse professionnelle contribuant à véhiculer des vraies et bonnes informations, à l’éveil des consciences, et à maintenir tant bien que mal la démocratie. D’autres par contre, les plus nombreuses, sont à la limite de grave entorse à la liberté d’expression qui se voit violée.

A titre illustratif, Bamako est inondée de télés et radios privées à connotation religieuse dont les émissions sont essentiellement orientées sur les faits et gestes du maître promoteur. Alors que, les média, sait-on, sont d’une sensibilité grandiose et importante en ces temps fragiles que traverse le pays.

En effet, sur nos petits écrans, et à travers les ondes, il est devenu systématique d’entendre et de voir passer des messages hors du commun, qui ne rendent pas grand service en ces temps peu commodes de l’histoire de la nation.

Les télévisions et les radios sont des vecteurs importants pour faire passer le message de paix, de cohésion, et surtout de l’accalmie des tensions, mais aussi, des moyens pour éduquer la population à adopter les bons comportements. Cependant, avec des programmes, en déphasage avec la situation actuelle du pays, force est de constater que certaines inondent la place avec des agendas orientés sur leur propres intérêts, contrairement à la vocation initiale d’une radio ou télévision : informer, éduquer, sensibiliser et distraire.

Le Président de la République Ibrahim Boubacar Keita, lors de ses différentes sorties publiques, ne cesse de rappeler aux Maliens «nous sommes en guerre ». Ce qui veut dire en terme clair que chaque Malien où qu’il se trouve et quoi qu’il fasse doit se comporter comme un soldat de la paix et de l’accalmie sociale.

Mais le comportement de bon nombre de nos compatriotes et les programmes de télévisions et des émissions radio, partisans de l’ambiance et du divertissement, contrastent avec la situation d’un pays en guerre.

A-t-on la mesure de la rigueur de ce à quoi nos soldats peuvent subir moralement en écoutant ou en voyant ces messages ? En tout cas, certaines émissions radiophoniques et télévisuelles doivent faire l’objet de la plus haute considération de la part de la Haute autorité de la communication. Car, il faut aussi oser le dire, si on a encore le plaisir et tous le temps de passer tranquillement nos émissions à Bamako dans les studio, il faut savoir que ce sont des vaillants hommes aguerris qui sont en train de braver jour et nuit, les balles des terroristes , un ennemi de plus en plus déterminé et menaçant.

Ousmane Tangara

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