Tontine de femmes: source d’épargne ou de problème ?

La tontine est un système d’épargne très répandue dans notre pays. Depuis fort longtemps, du côté de la gente féminine existe la tontine financière.

Au fil des années, elle a changé de vocation. Ainsi nous voyons des tontines or, des tontines wax ou Bazin, et les tontines cérémoniales « kounkoni ». Cette dernière est une sorte de solidarité financière et humanitaire qui consiste à donner de l’argent, ou collecter des biens et être présents aux événements sociaux (décès, baptêmes, mariage, fiançailles) de chaque membre à tour de rôle.

A l’origine, ses tontines présentent tout de même d’énormes avantages. C’est effectivement une forme d’épargne et source de revenu sûr pour de nombreuses personnes. Au-delà du matériel, nous avons les liens humains. En effet, elles permettent de renforcer les liens d’amitié, de parenté, de voisinage et de collaboration.

Aussi, sont-elles des occasions favorisant les retrouvailles entre amis et connaissances et le maintien des contacts physiques. Ainsi, outre les femmes, les hommes aussi s’intéressent de plus en plus à ses pratiques. Pour preuve, au niveau des administrations publiques ou privées, il est fréquent de voir à l’occasion de la fête de Ramadan, les hommes d’un même service ou d’une même corporation cotiser pour acheter un bœuf qu’ils abattent et se partagent la viande.

Mais, force est de constater que de nos jours, ses tontines ont perdu leur vocation originale. Elles sont devenues sources de nombreux conflits entre membres ou entre couples. Certains se retrouvant dans l’incapacité d’assurer la cotisation s’adonnent à toute sorte de pratiques : contractions des dettes, vente de biens ou détournement du prix de condiments, etc.

En effet, certaines femmes intègrent plusieurs tontines à la fois, et au finish, elles n’arrivent plus à payer les cotisations. C’est le cas de cette bonne dame, dont nous allons taire le nom, une résidente du quartier de Lafiabougou en Commune IV du District de Bamako, qui a adhéré à plusieurs tontines à la fois pour pouvoir bien faire le mariage de sa fille. Après l’évènement, les impayées des cotisations se sont entassées de jour en jour sur la bonne dame. Toute chose qui irrité la colère et l’indignation de autres dames du groupe. Ainsi, ces dernières, après plusieurs sollicitations infructueuses, ont organisé, le samedi 2 novembre 2019, un sit-in devant sa porte exigeant d’elle le paiement de leur argent.

Imager la honte bue par cette bonne dame, dont les désormais ex- compagnons ont traité de tous les noms d’oiseaux, parmi les siens dans un quartier populaire comme Lafiabougou.

En tout cas, par ces temps qui courent, le phénomène est très fréquent à Bamako et surtout chez les femmes dont certaines se permettent d’aller distribuer des liasses d’argent et même de l’or, lors des cérémonies, oubliant qu’elles ont contracté des prêts (tontines) auprès d’autres personnes, qu’elles doivent rembourser.  Selon l’adage bien connu « Toute chose a des avantages et des inconvénients ». Et les tontines ne font pas exception à la règle.

Assitan Siga FADIGA

 

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