Communication en période de crise : cette autre guerre que le MALI subit

Ça communique partout, et pour tout, alors que tout ne doit pas être communiqué. Surtout en cette période que le Mali a engagé une lutte sans merci contre le terrorisme, le djihadisme etc… Nombreux sont des messages qui passent et qui pourraient servir l’ennemi à moult visage, surtout un ennemi qui trouve sa force en la propagande. Récemment, une vidéo de l’Etat islamique circulant sur les réseaux sociaux, tente de récupérer en sa (répugnante-gloire), la collision des deux hélicoptères des forces armées françaises, ayant causé la mort de 13 soldats. Et là aussi, les réseaux sociaux ont été mis en service par l’ennemi pour diffuser ce message de propagande, et ce sont les utilisateurs, contre qui la lutte contre le  terrorisme et le djihadisme est menée, qui servent paradoxalement de relai de diffusion pour ces groupes.

 Nous le voyons aussi après les différentes attaques de nos forces armées. Le camp d’Indellimane attaqué récemment, le monde entier a pu être témoin de cette triste histoire grâce aux millions de partages, suivi du défilé des terroristes dans ce camp, qui ont eu le temps de tout filmer. Et là aussi, ce sont les maliens qui étaient au premier rang pour faire des partages.

Le fait est bizarre et étonnant, tant quel service ou quel soutien donnons-nous à nos forces armées avec le partage sur les différents réseaux sociaux de ces vidéos, sans chercher à savoir que ces soldats sont eux aussi des internautes, et pourraient choquer : « Il y a des images qui découragent les hommes sur le terrain, d’autres favorisent même nos ennemis et cassent le moral des forces maliennes déployées sur le terrain » indique le général de l’armée, Salif Traoré, ministre de la sécurité.

Donc, la question est à savoir quel sera le moral d’un homme qui a tout abandonné (famille, enfants, enfants et parents) pour aller défendre la patrie, afin que certains soient tellement à l’aise et même de passer des bons moments de partage étant au Sud, pendant que le Nord et le centre brulent. Il faut le dire clair, ces soldats sont aussi sur nos différents groupes, et sur les différents réseaux sociaux. Il est donc évident que des messages pourraient hanter le moral, saper leur engagement, en voyant des scènes peu glorieuses subits dans leurs rangs.

Il est grand temps, et serait grand service, si les uns et les autres s’évertuaient t à stopper ces différentes vidéos, là où ils les ont reçues, en se privant de partager sur un autre réseau social. Mais hélas ! ce dernier, est devenu l’apanage de certains, pour le juste vil plaisir de se faire savoir informé, ou bien introduit. Les réseaux sociaux ont essuyé beaucoup de dérives : « il faut éviter de rendre la tâche plus facile à l’ennemi » conseille le ministre de la sécurité le général Salif Traoré défenseur d’un projet de loi devant l’assemblée nationale, justement pour stopper les dérives sur les réseaux sociaux. Le gouvernement malien mesurant urgent l’ampleur d’inquiétante de la question, veut agir et avec sévérité : « la situation sécuritaire est telle que les efforts et l’énergie seront déployés dans cette lutte » annone le ministre de la sécurité.

La cybercriminalité, une seconde équation !

Nous communiquons, nous vendons et nous partageons des moments forts avec nos amis, famille, et proches sur différents réseaux sociaux, mais sans pour autant nous rendre compte souvent que nos données personnelles peuvent être utilisées ou traquées à des fins personnelles et nocives inattendues. L’autre équation non moins négligeable du mauvais côté des réseaux sociaux, reste éperdument la souffrance des données à caractère personnelles.

Si cette question peut faire chavirer les grands patrons, même des promoteurs de réseaux sociaux, ça l’est moins ici. On se rappelle, début 2018, de l‘éclatement du scandale « Cambridge Analytica » qui a forcé l’attention des centaines de millions d’internautes dans le monde. Cette entreprise de marketing politique, a été accusée d’avoir intelligemment soutiré les données de dizaines de millions d’utilisateurs du réseau social Facebook, qui aurait servi à influencer la campagne présidentielle américaine de 2016. Un sujet brulant, qui a causé beaucoup d’ennuis au fondateur du réseau social « Facebook », Mark Zuckerberg, qui a été à l’époque contraint à s’expliquer devant le congrès américain, avant de passer en mai 2018, devant les députés européens, où il a échappé de justesse à la prison.

Ousmane Tangara

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