Délestages intempestifs : La société EDM-SA au bord du gouffre

Ces derniers temps, il est fréquemment constaté à Bamako et dans plusieurs autres villes du pays des coupures intempestives de courant électrique. Il ne serait pas superflu de dire que le Mali ne veut pas en finir avec les délestages qui paralysent et plombent les activités économiques et la tranquillité des citoyens. C’est une situation incompréhensible lorsqu’on sait que l’Etat injecte des centaines de milliards de francs dans cette société qui se révèle, à la fin, un éléphant blanc.

Les Maliens surtout les Bamakois ne savent plus à quel saint se vouer, quand à la fourniture de l’énergie électrique dans leur foyer respectif. Car ils sont tellement habitués à la coupure intempestive de du courant électrique, que cela ne leur dit plus rien. Depuis des années, la société chargée de la fourniture du courant a adopté comme stratégie un mutisme exaspérant envers sa clientèle. Si ce n’est des avis à la clientèle sporadiques publiés sur les médias relatifs à des interruptions dans les quartiers et zones périphériques de Bamako en raison des travaux de maintenance sur des ouvrages électriques, rien ne se dit concrètement pour éclairer les consommateurs qui subissent les délestages même pendant la nuit.

Au Mali, le pays dispose de trois barrages hydro-électriques, sans compter les centrales thermiques, pour la fourniture de l’électricité aux Maliens, mais hélas quelle désolation ! Au niveau des centrales, c’est une autre mafia, que nous allons traiter le sujet très prochainement. Les Bamakois qui voyaient dans la construction des centrales thermiques de Balingué au sein de la zone industrielle de Bamako et celle de Darsalam et les autres centrales comme la fin de leur misère n’ont que leurs yeux pour constater les dégâts. Car, toutes ses centrales thermiques et barrages, n’arrivent toujours pas à soulager leur peine en matière de fourniture d’électricité. Le plus curieux dans tout ça, c’est que même le Ministre de l’Eau et de l’Énergie, Sambou Wagué n’est pas monté au créneau pour justifier la situation énergétique et apaiser les consommateurs. Cette société est aujourd’hui au fond du gouffre, à cause de la gestion opaque et de la gabegie ostentatoires.

Au regard de tout cela, nous disons que c’est trop facile pour l’EDM-SA de s’excuser à travers les médias et de prétexter des travaux de maintenance pour couper le courant même tard dans la nuit. Car, en réalité, les coupures de courant dépassent souvent les délais et les zones ciblées. Si déficit énergétique il y a, il faut une communication et une vraie pour situer les consommateurs sur les raisons qui sont à l’origine des délestages d’autant plus que les usagers n’ont pas le temps de mettre à l’abri leurs appareils électroménagers avant que ne surviennent les coupures.

Les difficultés financières de la société ou d’approvisionnement en carburant des centrales thermiques n’engagent en rien les consommateurs parce qu’à la fin du mois, ceux-ci paient leurs factures et si ce n’est pas le cas, c’est la coupure du courant sans autre forme de procès. Au ministère de l’eau et de l’Énergie, les projets pour stabiliser la production électrique ne manquent pas. Mais, c’est à se demander à quelle fin puisque le résultat n’est pas toujours au rendez-vous.

En attendant que ces solutions voient le jour, il convient de rappeler aux responsables de la société EDM-SA que les délestages ont des incidences sur les activités des consommateurs. Il est grand temps qu’ils soient avertis à temps au lieu de se contenter d’envoyer des communiqués à travers certaines radios et une certaine presse pour justifier l’injustifiable.

L’énergie solaire, la solution

Dans sa stratégie de croissance accélérée et de promotion de l’emploi, le gouvernement malien a noté que « des mesures relatives à la biomasse, aux énergies renouvelables, à l’économie d’énergie et aux hydrocarbures seront prises pour accompagner le développement de l’électricité ». Cet engagement répond à un certain nombre de défis d’assurer de manière stable, à la fois un meilleur accès et une autonomie substantielle nationale d’approvisionnement, à un coût raisonnable, tout en diversifiant les sources d’énergie, surtout les énergies propres et renouvelables. Mais là encore c’est la pluie et le beau temps, car les discours l’emportent sur la réalisation.

Les crimes politiques sont sans doute les premières plaies caractéristiques du règne d’Ibrahim Boubacar Kéita. Mais à côté, les crimes économiques lui disputent cette place d’honneur (sic). Pillages, détournements de deniers publics et autres ressources nationales, corruption, pots de vin, rétro-commissions sur les marchés, prévarications de toutes sortes, flux illicites de capitaux sont des sports quotidiens. Les scandales financiers s’enchaînent sous le président IBK. Mais aussi curieux que cela puisse paraitre, « le maître » reste impuissant malgré les discours et les professions de foi en faveur de la bonne gouvernance…

Paul Y. N’GUESSAN

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